07/06/2005

Sale temps pour les océans, actuellement. Les interventions des hommes se multiplient, qui conduisent à leur dégradation . Certes, dans le monde, des volontés s’expriment pour inverser cette tendance. Des programmes sont mis en place. Mais les perspectives annoncées pour les décennies, voire les siècles, à venir, ne donnent guère d’optimisme…

Il était donc d’autant plus utile d’entendre quelques-uns des membres de la communauté scientifique, le 7 juin, donner leur sentiment sur ces questions. S’ils n’ont pas caché leurs inquiétudes sur le devenir des océans, ils ont malgré tout exprimé une certaine pondération, qui peut être interprétée comme une forme de sagesse. Car il est vrai aussi que bien des inconnues subsistent dans la compréhension des mécanismes marins à long terme. Le thème de ce Mardi de l’Environnement était donc « Cinq océans sous pression » et pour le traiter étaient présents Lucien Laubier, professeur en biologie marine et directeur de l’Institut océanographique de Paris, Maurice Héral, directeur des programmes et de la stratégie de l’Ifremer, Patrick Lelong, de l’Institut océanographique Paul Ricard.

La première partie de la réunion a été consacrée à l’exposé des principales menaces qui affectent les océans. Avec notamment l’élévation du niveau des mers, due en partie au réchauffement climatique de la planète. Ce réchauffement induit d’autres conséquences, pour la biologie et l’écologie des les espèces marines. Certaines d’entre elles migrent vers des eaux plus froides, et d’une manière générale on constate une remontée vers le nord. Patrick Lelong a ainsi rappelé qu’on voit maintenant apparaître en Méditerranée des espèces de l ‘hémisphère

sud, comme les barracudas ; que d’autres espèces endémiques modifient leur comportement, comme le mérou ; et que des augmentations importantes de la température des eaux se traduisent par une mortalité importante chez les coraux et les gorgones. Maurice Héral a donné beaucoup de précisions sur les pollutions qui affectent les mers, et sur les changements que celles-ci produisent dans la chaîne alimentaire, en premier lieu sur le phytoplancton, qui est justement à la base de cette chaîne. Il a également évoqué le problème de la surpêche, dramatique puisque 75% des stocks de poissons sont surexploités. Tous ces bilans pourraient sembler assez désespérants. Mais Lucien Laubier a tout de même estimé que certaines espèces peuvent s’adapter aux changements créés par l’homme. Et pour Maurice Héral, les écosystèmes marins ont une forte capacité de résilience : ils peuvent « rebondir » après avoir été soumis à une certaine pression. Dans la salle, manifestement, la passion était au rendez-vous. Et plusieurs questions ont porté sur les actions à entreprendre, au niveau individuel et collectif, pour sauvegarder ces mers qui nous entourent. Un exemple de réponse ? Acheter les poissons les moins chers, car ils sont en principe moins menacés (en raison de leurs effectifs), a conseillé Lucien Laubier…

Et puis Christophe Agnus a présenté le premier numéro de sa revue, « Nautilus », un beau produit, et un produit utile, avec des images et des messages qui participent à cette protection de la mer.

 

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