09/09/2008

Si les petits ruisseaux font les grandes rivières, il est un domaine où ce dicton prend sa pleine mesure, à plus d’un titre : l’environnement. De toutes parts sont signalées des expériences, qui manifestent une volonté de ne plus s’en tenir aux modèles traditionnels (lesquels ont souvent échoué), mais d’inventer des solutions adaptées aux besoins locaux. Ainsi, pour en témoigner, le Mardi de l’Environnement de la rentrée de septembre réunissait-il des hommes et des femmes qui proposent des voies originales : Gilliane Le Gallic, présidente d’Alofa Tuvalu (Tuvalu est cet archipel du Pacifique menacé par la montée des eaux) et Gilles Vaitilingom, chercheur au CIRAD ; Paula Bruzzone-Rouget, ingénieur d’études à C3ED (Centre d’Economie et d’Ethique pour l’Environnement et le Développement) ; et François Couplan, naturaliste et auteur.

Gilliane Le Gallic et Gilles Vaitilingom ont fait des interventions « à deux voix », puisque le spécialiste des biocarburants du CIRAD a travaillé à Tuvalu, afin de mettre au point des gazogènes fonctionnant avec les noix de coco, une ressource importante dans l’archipel. Il a aussi indiqué qu’il était possible, à terme, de produire du carburant avec la noix de coco. Et déjà, précédemment, des systèmes sembables de gazogènes avaient été mis au point, mais avec les déjections de porcs, une autre ressource abondante, comme combustible. Gilles Vaitilingom et Gilliane Le Gallic, en parallèle, ont mené des discussions nombreuses avec les officiels et les habitants, pour s’enquérir de leurs besoins, et déterminer ce qui leur était souhaitable. Un film, projeté lors du débat, a permis de se rendre compte des handicaps de Tuvalu (sans énergies naturelles exploitables) et de la sagesse de solutions imaginées sur place.

Paula Bruzzone-Rouget, elle, travaille aussi sur les thématiques de développement des pays qui restent encore largement laissés pour compte. Elle a d’abord décrit le fonctionnement de C3ED, qui comprend cinq équipes spécialisées avec des interfaces économie/écologie. Elle s’est ensuite un peu plus étendue sur l’action de Fondaterra, la Fondation Européenne pour des Territoires Durables, une émanation de C3ED, dont le but est de produire un projet écologique local, en réunissant des chercheurs de différents horizons. Enfin François Couplan a livré sa philosophie, à la faveur de nombreux commentaires et dissertations, telle qu’elle est exprimée dans son livre, « La nature nous sauvera » (Albin Michel) : les ressources énergétiques habituelles participent à la dégradation du monde, il y a urgence à utiliser les ressources vraiment naturelles que sont notamment les plantes, ou bien le solaire.