05/10/2004

Avancées et reculs de la conservation

La 13ème CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) s’est tenue à Bangkok (Thaïlande), du 2 au 14 octobre 2004. 166 pays sont actuellement membres de cette convention. Elle aura été marquée, cette année, comme c’est souvent le cas, à la fois par des succès pour la protection de la nature, mais aussi par des échecs.

Les reculs :

  • Echec de la proposition du Kenya d’établir un moratoire de plusieurs années sur les ventes internationales d’ivoire d’éléphant.
  • Autorisation accordée à la Namibie de vendre des ekipas (amulettes en ivoire), ce qui risque de renforcer le commerce illicite d’ivoire.
  • Vente de produits en peau et poils d’éléphant permise à l’Afrique du Sud.
  • Déclassement des rhinocéros blancs du Swaziland de l’annexe I (commerce international interdit) à l’annexe II (commerce réglementé). Pour permettre les trophées de chasse sportive et la vente d’animaux vivants, malgré la petitesse de la population de rhinocéros de ce pays (61 individus).
  • Quotas de chasse sportive de léopards très augmentés pour la Namibie et l’Afrique du Sud.
  • Quotas de chasse sportive de rhinocéros noirs votés pour la première fois, concernant des animaux de Namibie et d’Afrique du Sud , bien que l’ espèce reste très diminuée (3 600 individus au total ).
  • Retrait de la proposition du Kenya (principalement sous la pression de l’Union européenne) de classer le lion d’Afrique en annexe I.

Les avancées :

  • Classement du grand requin blanc en annexe II.
  • Transfert de la pyxide arachnoïde (tortue) de l’annexe II à l’annexe I.
  • Inclusion en annexe II du napoléon (poisson), de la datte de mer (moule), de l’orcelle de l’Irawaddy (dauphin) et du ramin (espèce végétale).
  • Résolutions appelant les Etats à renforcer la protection des rhinocéros, des grands singes, de la saiga et du chiru (ongulés d’Asie centrale), des tortues, des esturgeons, du corail.
  • Echec de la proposition du Japon de faire déclasser des populations de petit rorqual (cétacé).

Au total, de nombreuses « nouvelles » espèces ont bénéficié d’un meilleur statut , mais pour d’autres, davantage emblématiques (comme l’éléphant d’Afrique), cette CITES n’aura pas été très bénéfique. Les pressions des exploitants de la nature, dans un monde dominé par la « libéralisation », se font plus fortes.

A noter toutefois que la CITES examine maintenant des dossiers d’espèces de poissons et d’espèces végétales commerciales, menacées par le commerce, alors que jusqu’à présent il était considéré que leur gestion relevait exclusivement d’autres conventions.

La prochaine réunion de la CITES aura lieu aux Pays-Bas, en 2007, probablement à Amsterdam.