07/04/2009

Comme s’il n’y avait pas assez de pressions humaines sur elles, les espèces vivantes doivent maintenant composer, autant que possible, avec les effets, de plus en plus avérés, du réchauffement climatique, lequel est largement aussi d’origine anthropique. A ce jeu, deux solutions restent possibles :s’adapter, ou bien disparaître, pour la plus grande partie de la flore et de la faune.

Au Mardi de l’Environnement d’avril, les invités ont bien décrit les caractéristiques physiologiques et écologiques qui permettent (ou ne permettent pas) aux espèces de faire face à cette épreuve. Jean-Stéphane Dewisse, du WWF-France, a présenté à l’écran le rapport réalisé sur cette question par son organisation. Quantité de familles animales et végétales commencent bien à montrer des signes d’évolution reliées à ces changements climatiques. Jean-Pierre Moussus, de l’unité « Conservation des espèces, restauration et suivi des populations » du Muséum National dHistoire Naturelle, a fait de même avec le rapport « Biodiversité et changements climatiques ». Il a mis l’accent sur quatre points essentiels : une désynchronisation des chaînes alimentaires peut se produire, les espèces capables d’avancer leurs dates de reproduction sont avantagées par rapport à celles qui ne le peuvent pas ; les aires de répartition se modifient, avec une réorganisation spatiale des communautés ; ces changements mettent en question la pertinence des programmes de conservation actuels ; il est donc nécessaire d’accompagner les changements par de nouveaux programmes (comme les corridors). L’écologue Vincent Vignon, directeur associé de l’Office du Génie Ecologique (OGE), a illustré ces propos par le cas des insectes, notamment en Ile-de-France, dont plusieurs espèces doivent s’adapter aux élévations de température.

S’agissant des espèces aquatiques, le problème est plus difficile, car leur mobilité est réduite. Martin Daufresne, pour le Cemagref, l’a bien montré. En soulignant qu’en ce qui concerne des familles essentielles à la chaîne alimentaire, comme celles du zooplancton et du phytoplancton, qui sont dépendantes l’une de l’autre, un hiatus se pose déjà : le zooplancton est sensible aux variations de la température de l’eau, mais le phytoplancton, lui, est sensible à la lumière, donc leur évolution commune est perturbée. Et c’est bien ce mot de perturbation que tous ces spécialistes ont avancé pour caractériser la situation générée par le réchauffement. Le risque existe de voir le nombre d’espèces des communautés se réduire, car les hausses de température annoncées pour les décennies à venir sont importantes, et la plasticité de la biodiversité a des limites…