03/02/2009

Des « créationnistes », du « dessein intelligent » et de tous les mouvements qui prolifèrent maintenant, tendant à faire croire que le monde ne serait vieux que de quelques milliers d’années, qu’il a une cause divine ou purement humaine, que les avancées de Darwin n’ont pas de justification réelle, de tout cela, il en a été question au cours du Mardi de l’Environnement de février consacré à Darwin. Mais sans s’appesantir. La théorie de l’évolution est bien ancrée dans le milieu scientifique et fait l’objet d’un consensus depuis longtemps, même si, encore une fois, les offensives médiatiques des partisans du refus commencent à être préoccupantes.

Darwin a été un génial découvreur, qui n’en a pas moins reconnu les apports de certains de ses prédécesseurs. Et son grand mérite parallèle a été d’unifier les sciences de la biologie par sa théorie de l’évolution, comme l’a rappelé au cours du débat Jean-Baptiste de Panafieu, agrégé de sciences naturelles. Lequel a bien souligné la pertinence des deux points forts de cette théorie, la sélection des plus aptes à leur milieu, et l’existence de variations aléatoires, favorables ou défavorables, dans le pool génique des organismes vivants. Illustrant ces points, le grand spécialiste des manchots, Yvon Le Maho, de retour d’Antarctique, a parlé longuement de l’adaptation de ces animaux à leur habitat, conditionnée par la recherche de nourriture. Et lui a fait écho Claude Sastre, botaniste au Muséum National d’Histoire Naturelle, qui a évoqué l’adaptation des plantes des Antilles aux conditions climatiques et à l’écologie de leurs milieux.

Certes, la théorie de Darwin a fait l’objet depuis son époque d’inflexions, en vertu même des recherches de la science, et notamment de la biologie moléculaire. Au darwinisme a succédé le néo-darwinisme, et de nouveaux courants se font jour actuellement. Mais rien ne peut remettre en cause le fait, notamment, que l’homme soit une espèce animale, et comme telle objet d’étude à poursuivre. Marc Giraud, journaliste et naturaliste, s’est placé sur ce terrain, et il a parlé d’un Darwin peut-être avant tout attelé en permanence à décrypter le comportement et l’origine des êtres vivants. Ces êtres, selon Jean-Marie Pelt, directeur de l’Institut européen d’écologie, joint au téléphone pendant le débat, ces êtres ne seraient pas uniquement mus par la sélection naturelle. Jean-Marie Pelt a souligné la capacité d’entraide qui existe chez les animaux. La coopération, voilà selon lui une caractéristique importante de la biodiversité, et qui serait un ressort complémentaire de l’évolution.

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