04/02/2003

Si l’eau est un bien commun, elle n’est pas accessible à tous. Et encore moins gérée dans le respect des identités culturelles. Quel respect ? Celui qui doit prendre en compte les perceptions différentes des sociétés vis à vis de cette ressource, dans le monde. Le 3ème Forum mondial de l’Eau se tient à Kyoto (Japon), du 16 au 23 mars prochain. Il doit être notamment marqué par cette problématique. Laquelle fera l’objet d’une exposition, intitulée  » L’esprit de l’eau « , de l’Alliance française d’Osaka, soutenue par le ministère de l’Écologie et du Développement durable et le ministère japonais chargé de l’eau. Pour le Mardi de l’Environnement du 4 février, ce thème de la culture de l’eau était particulièrement bien choisi : le débat a suscité un intérêt très vif, les invités, à la tribune, ont ouvert des perspectives enrichissantes.

Étaient réunis :

Claude Truchot,Chargé de mission auprès du Directeur de l’eau du MEDD

Lionel Robaux,Adjoint au Directeur général de l’Office international de l’eau

Jean-Louis Oliver,Secrétaire général adjoint de l’Académie de l’eau.

Claude Truchot a d’abord rappelé quelques chiffres qui situent l’ampleur de la question de l’eau :

10% des pays se partagent 60% des ressourcesle monde agricole utilise 70% de ces ressources
Les pays en développement consomment proportionnellement deux fois plus d’eau que les pays développés pour diviser d’ici à 2015 par deux le nombre des personnes qui n’ont pas accès à l’eau, il faudra débourser 20 milliards $ par an !

Le Forum de Kyoto doit donc étudier tous ces points en trouvant de meilleures approches, parmi lesquelles la participation des usagers à la gestion de l’eau. Parce que, a souligné Jean-Louis Oliver, il faut tenir compte des besoins particuliers de chaque société. L’usage de l’eau est déterminé par la nécessité, laquelle nécessité s’établit suivant des critères variables, qui reflètent la différence des comportements. Jean-Louis Oliver n’a toutefois pas été prolixe en exemples, laissant l’auditoire un peu insatisfait. A point nommé est donc venue l’intervention, de la salle, de Justin Eyaan, camerounais. Il a évoqué un cas, dans son pays, de partage d’un puits entre deux villages, soulignant le travail à réaliser pour harmoniser les points de vue de deux communautés désireuses de jouir d’une même ressource.

A Kyoto, le Réseau international des organismes de bassin sera présent, et Lionel Robaux, avec verve, a parlé des manifestations qui sont prévues par cet organisme. Notamment un débat,  » Comment organiser la participation des usagers de l’eau dans les comités de bassin ? « , qui se fera l’écho du thème de ce Mardi de l’Environnement. La chaîne Planète future participe, elle aussi, au mouvement lancé pour illustrer l’importance de l’eau pour les hommes. Elle a prévu une semaine spéciale, du 10 au 14 mars, intitulée  » Histoire d’eaux « , qui a été annoncée à la tribune. Une semaine de documentaires, en partenariat avec la Direction de l’eau du MEDD, sur l’eau source des origines, des catastrophes, des conflits, et bien sûr, des diversités culturelles.