02/11/2010

Si l’informatique est devenue un partenaire indispensable du développement durable, on peut s’interroger sur les risques de déconnexion du réel que cette technologie peut présenter.
Pour les professionnels, le partenariat est équilibré …

Le développement durable dans le train de l’informatique …

L’outil informatique est de plus en plus utilisé pour gérer les dossiers et les programmes ayant trait à l’environnement et au développement durable. Mais c’est un outil neuf, qui n’est pas toujours maîtrisé, et pour l’usage duquel un « code de bonne conduite » tarde encore. Et pourtant, il semble incontournable. Pour en parler étaient venus, le 2 novembre, plusieurs spécialistes. On aurait pu penser, a priori, qu’un tel sujet, un peu éloigné de ceux traités habituellement aux Mardis de l’Environnement, qui ont un caractère plus naturaliste, ne susciterait pas les passions … Et c’est tout le contraire qui s’est produit. La salle se sentait manifestement très concernée par les enjeux de l’informatique, et les questions ont été à la fois nombreuses et pertinentes.
Michel Giran, fondateur d’ADOME et d’Ecobase 21, a largement commenté un texte récapitulatif, en diapositives, qui donnait beaucoup de clefs pour replacer l’informatique dans son contexte historique et opérationnel. Il a estimé que si tout le vivant est interdépendant, le web, lui aussi, est interdépendant : « L’informatique est interopérable, et relie des outils pour mieux maîtriser les systèmes d’information. » Ecobase 21, c’est, comme son nom l’indique, une base informatique, permettant d’expliciter des questions avec des élargissements des sens.
Gilles Berhault, président de l’ACIDD et du Comité 21, a décrit le monde numérique actuel, marqué notamment par la multiplication des machines dans le monde : il y aurait 5 milliards d’ordinateurs portables ! Il a relevé toutefois que les infrastructures nécessaires au partage réel du système informationnel n’étaient pas encore au point, mais que ce n’était qu’une question de temps. Pour illustrer ce système informationnel, Philippe Le Gonnidec, consultant en stratégies multimédia, a présenté le programme en ligne SOS21 SDK. C’est un univers virtuel. Il a été choisi par la ville de Rueil-Malmaison pour la cartographie de plusieurs sites, et permet aux internautes, transformés en avatars, d’avoir accès à des services de la municipalité. Et puis Aude Igounet, chef de projet de Buy & Care, a elle aussi illustré un exemple du virtuel avec le village informatique pour le développement durable au salon Pollutec. Pour elle, les « green IT » – qui sont, en bon français, les « technologies de l’information vertes » deviennent des outils dont on ne peut se passer dans le domaine du développement durable…
Ces interventions n’ont pas manqué de susciter beaucoup de demandes de précisions et aussi des points de vue en majorité critiques. Il semblerait que deux craintes se soient exprimées : d’une part celle de voir le vivant artificialisé (comme le montre bien la création des avatars, censés représenter des personnes réelles), d’autre part l’absence de réglementation réelle dans le monde informatique. Ce dernier point a été avancé par Dominique Martin-Ferrari (directrice de Gaïa Network), qui a appelé de ses vœux une éducation pour informer le public et lui permettre de se rendre maître des outils informatiques.

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