03/06/2008

Le 13 juillet doit être lancé un grand projet, qui a fait (et fait encore) couler beaucoup d’encre, car il est considéré comme de la plus haute importance pour le monde à venir : l’Union pour la Méditerranée. Cette union doit rassembler le plus possible de pays riverains de cette mer (potentiellement 43 pays). Elle est largement considérée comme associée étroitement aux instances et aux Etats de l’Union européenne. Une vaste ambition et quantités de dossiers à régler.

Pour en parler, et tout particulièrement en termes d’environnement, étaient réunis quelques acteurs majeurs en ce domaine, au Mardi de l’Environnement du 3 juin. L’ambassadeur de Malte ? Vicki-Ann Crémona, n’a pas manqué de souligner en prélude que son pays, de par sa situation géographique, pouvait représenter un « pont » entre les deux rives du bassin méditerranéen. Il condense aussi certains problèmes spécifiques pleinement d’actualité dans le contexte de cette Union : une forte densité de population (d’où l’impossibilité d’avoir un réel maillage d’installations éoliennes et solaires), pas de pétrole, une incidence de la question des ressources en eau de plus en plus importante. Madame Crémona s’est aussi interrogée sur la situation politique du bassin, marquée par l’existence de plusieurs conflits, ce qui ne facilite pas des accords globaux.

Bernard Moutou, responsable des conventions internationales du Bureau de la mer au Medad, a retracé l’histoire de la Convention de Barcelone directement à l’origine de cette Union. D’abord avec des objectifs limités elle s’est ensuite étoffée jusqu’à inclure, cette année, la gestion intégrée des zones côtières. Le responsable de l’environnement, de l’énergie du développement durable à la mission de l’Union pour la Méditerranée à la présidence de la République, Antoine-Tristan Mocilnikar, a rappelé les deux points essentiels pour la présidence de la République, concernant l’Union : mettre la politique au cœur du dispositif et porter sans relâche le projet, malgré les tensions interétatiques. Il y aussi mis l’accent sur la nécessité, dans le cadre de l’Union, de sauvegarder la biodiversité méditerranéenne, dont on sait qu’elle n’est pas dans un bel état. Et comme pour mieux illustrer ce propos, Bernard Cressens, directeur scientifique du WWF-France, a repris le constat alarmant de la surexploitation de la pêche. Les quotas de thons alloués, par exemple, sont à 15000 tonnes par an ; or il en est pêché 45000tonnes. Bernard Cressens n’a pas manqué non plus de relever des propos de l’ambassadeur de Malte, concernant des projets d’exploitation off-shore de pétrole notamment. Il a appelé de ses vœux, pour le succès de cette Union, un changement des attitudes et des paradigmes, et d’abord une réduction de la consommation globale.

Il revenait à Lucien Chabason, président du Plan Bleu, qui a dirigé le secrétariat de la Convention de Barcelone pendant neuf ans, de replacer ce projet dans tout son contexte historique, à travers les époques. Il a notamment cité les exemples d’exploitation de l’eau dans l’Antiquité, à Rome et à Delos : dans le premier cas, cette ressource était largement gaspillée, dans le second elle faisait l’objet d’une gestion raisonnée. Par rapport à ces époques, le projet d’Union veut évier les égoïsmes nationaux, pour le grand bien de tous les pays. Un grand pari, à suivre…