7 juin 2011

Sans doute ni l’un ni l’autre, même si l’accent est mis, à juste raison, aujourd’hui, sur les entreprises d’exploitation des océans, qui se multiplient, et les fragilisent grandement.

Chacun des invités, au Mardi de juin, en était bien d’accord. Comment en est-on arrivé là ? La réponse tient en peu de mots : surconsommation + refus du partage + faiblesse des réglementations = dilapidation des ressources et dégradation des écosystèmes.

Ces derniers, pour être insuffisamment connus, n’en rendent pas moins des services inappréciables, comme l’a rappelé Jean-François Cadiou, du laboratoire Environnement ressources de l’Ifremer, à la Seyne-sur-mer. Certes, la prise de conscience progresse, mais le Etats ont du mal à suivre. Il est donc important de suivre le devenir d’une directive-cadre de l’Union européenne, prévue pour 2015, sur la stratégie à suivre, pour les pays membres, afin de  mettre en œuvre des mesures « rationnelles » de gestion de la mer.

Concernant l’autre face du problème, la protection, les avancées sont elles aussi plutôt lentes. Les aires marines protégées ne couvrent actuellement que 1,46% des océans, et il est prévu d’augmenter considérablement ce pourcentage à 20% … Mais on peut se demander quand ce chiffre sera réellement atteint. En tout cas pour la France, Olivier Laroussinie, directeur des Aires marines protégées, s’est fait fort de préciser que ces espaces représentaient 11% des eaux métropolitaines, 25% dans les mers australes, et 50% en Polynésie. Il reste qu’en haute mer, a-t-il estimé, « la biodiversité n’a aucun statut, ce qui ne peut que favoriser la surexploitation. »

Un thème que Hélène Bourges, chargée des campagnes Océans chez Greenpeace France, n’a eu aucun mal à enfourcher. Elle a précisé que cette année, son organisation se focalise sur la pêche, justement. La surcapacité du tonnage des flottilles, l’inexistence de la prise en compte des avis scientifiques, les pratiques destructrices, la non-traçabilité des produits de la mer, enfin la pêche illégale, tout ceci explique que les océans se vident, incapables de renouveler les populations de poissons. Ludovic Frère, de la Fondation pour la Nature et l’Homme, a préféré malgré tout mettre l’accent, même s’il était pleinement d’accord avec Hélène Bourges, sur les campagnes qui se multiplient pour alerter sur les situations anormales qui produisent le bilan assez gris que l’on connaît. A titre d’exemple, il a cité les concentrations de très grande ampleur de plastiques que l’on découvre en mer, des résidus de l’industrie humaine, extrêmement polluants.

Au final, il est revenu à un ex-professionnel néophyte de s’exprimer sur les nouvelles pratiques qui pourraient être adoptées pour améliorer les techniques de la pêche. Au téléphone, Charles Braine, qui a travaillé pendant 4 ans au WWF-France, a décrit son apprentissage de  marin-pêcheur dans le Midi de la France. Il veut travailler sur « un écosystème sain » et prône de réserver la pêche locale aux professionnels locaux… Bien sympathique, mais des efforts de plus grande ampleur sont demandés pour donner un cap plus rationnel et plus responsable aux océans.