02/06/2009

En pleine actualité du « Grenelle de la mer », le Mardi de l’Environnement ne pouvait qu’être consacré aux enjeux maritimes, lesquels sont d’importance pour la France. Notre pays possède en effet le deuxième surface océanique du monde, et dans cet espace les problématiques sont forcément nombreuses.

Emmanuel Buovolo, de Greenpeace, a ouvert le débat en présentant une analyse des travaux du « Grenelle de la mer », auquel il participe. Il s’est félicité d’un accord préliminaire qui a été passé entre son organisation et plusieurs autres, de façon à présenter des propositions communes. Si des progrès notables sont déjà enregistrés, la question de la pêche continue de diviser, entre tous les acteurs des différents secteurs invités à cette conférence. Le contre-amiral Olivier Lajous, conseiller militaire du secrétaire d’Etat à l’outremer Yves Jégo, a pris à cet égard l’exemple du thon rouge, qui est totalement surexploité en Méditerranée. Il a émis une proposition intéressante, qui serait d’aller pêcher cette espèce aux alentours de l’îlot français de Clipperton, dans le Pacifique, où elle abonde, et de délaisser la pêche en Méditerranée. Il s’agirait aussi, plus généralement, d’instaurer des règles de bonne conduite dans les activités d’exploitation de la mer. Car la mondialisation de l’économie passe par elle, et les enjeux à ce titre sont gigantesques. La ressource vivante notamment, celle des espèces marines, reste encore largement à décrire : « On ne connaît que 10% de la biodiversité des océans » a relevé l’amiral. Raison de plus, selon lui, d’instaurer une nouvelle gouvernance. Et la France est décidée à apporter une contribution notable en ce sens, « car elle a une histoire de pionnière en matière maritime ».

Le président fondateur de Biomarine, Pierre Erwes, a souligné que l’exploitation de la mer pouvait, et devait, prendre des formes nouvelles, caractérisées par leur pragmatisme : rassembler tous les partenaires sociétaux intéressés par un projet de développement marin. Ainsi, au Canada, des accords commencent à voir le jour entre scientifiques, industriels et représentants de la société civile. Une autre illustration de cette nouvelle approche est la régénération des biotopes marins dégradés. C’est le cas par exemple d’un lagon, actuellement, dans le Pacifique.

Mais il y a sans doute encore beaucoup de chemin à faire, malgré tout, pour moraliser les pratiques humaines dans les océans… Emmanuel Buovolo a rappelé la surcapacité des flotilles et dénoncé la chalutage de fond en haute mer, qui dégrade ou détruit les écosystèmes du plancher marin. Le contre-amiral Lajous a évoqué les problèmes de la sécurité maritime, du pillage des ressources et des bateaux pollueurs. En écho constructif à ces états des lieux et ces propositions, des intervenants, dans la salle, ont posé la question de la consommation, laquelle ordonne l’offre de pêche. Et les invités à la tribune ont abondé dans ce sens, car la préservation de la ressource passe par un comportement davantage responsable des consommateurs.

Pour partager cette information