01/02/2005

Deuxième volet de la série « biodiversité » des Mardis de l’Environnement en 2005, le débat du 1er février avait pour sujet la préservation de la nature, avec, pour l’illustrer, des témoignages d’acteurs fortement engagés dans leur domaine propre : Nelly Boutinot (remplacée au cours de la soirée à la tribune par Christophe Aubel), du Roc (Ligue pour la préservation de la faune sauvage et le respect des non-chasseurs) ; Arnaud Apoteker, de Greenpeace ; Hélène Leriche, directrice scientifique de la fondation Nicolas Hulot ; François Veillerette, président du Mouvement pour le droit et le respect des générations futures ; Claude Bureaux, du Jardin des Plantes de Paris ; et Philippe Desbrosses, de la Ferme Sainte-Marthe.

La campagne de la fondation Nicolas Hulot, « Sans nature, pas de futur » a été présentée avec la diffusion d’un film court. Il est ensuite revenu à Hélène Leriche de détailler cette campagne, qui doit durer trois ans. Avant Hélène Leriche, Nelly Boutinot avait expliqué les changements structurels de son association : pendant longtemps, le Roc a symbolisé l’opposition à la chasse et progressivement, l’association s’est ouverte à des thématiques plus nombreuses. Christophe Aubel a cité quelques-uns des combats actuels du Roc, notamment les grands carnivores en France.

Greenpeace, elle, est une association qui a aussi des dossiers spécifiques, comme l’a rappelé Arnaud Apoteker. Ainsi la préservation des océans et des forêts anciennes, les OGM, les cétacés. Les plantes transgéniques , dont A.Apoteker est spécialiste, ont d’ailleurs fourni un thème majeur de discussion au cours de la soirée. Leurs risques, selon Greenpeace, sont nombreux : les principaux sont l’appropriation du vivant (4 à 5 multinationales possèdent les semences, donc une arme alimentaire) et la détérioration de l’environnement par pollution génétique.

Un autre type de pollution a été cité par François Veillerette, celle des pesticides ; le monde agricole traditionnel reste soumis à ces pressions sur l’environnement, et un changement salutaire serait la mise en place des pratiques culturales alternatives. Le débat, à ce stade, s’est élargi avec l’intervention de Claude Bureaux, qui vit la nature au quotidien, et qui a parlé de la responsabilité des interventions humaines : celles qui concernent les manipulations génétiques sur les plantes. Il a souligné que dans le domaine horticole, comme dans celui des OGM, la génétique est largement entre les mains d’un petit nombre d’opérateurs, et que cette situation n’est pas non plus satisfaisante. Une même appréciation a été livrée par Philippe Desbrosses. Avec des accents alarmistes, il a dénoncé le sort contraire fait aux plantes rustiques et aux variétés végétales anciennes, les grands oubliés du monde et de la production agricoles contemporaines.

Chacun des intervenants, on le voit, à sa manière, a mis l’accent sur la nécessité de se rapprocher d’une nature bien davantage « naturante » et présente, pour qu’elle puisse continuer à exister dans toute sa richesse dans les temps à venir.