06/10/2009

à la nature, de façon à optimiser sa protection (dans le meilleur des cas), est plus que jamais à l’ordre du jour. Elle s’accompagne d’un inventaire de plus en plus important de tous les services que procurent les écosystèmes, et notamment certaines espèces, ou familles d’espèces. Tous ces points ont été traités lors du Mardi d’octobre : à la fois une réflexion globale sur l’économie de la nature, et des exemples, tant dans le domaine animal que dans le domaine végétal, de traduction de ces services en termes monétaires.

Bernard Chevassus-au-Louis, coordinateur du rapport « Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes », a d’abord bien montré que jusque-là, « la nature était monétarisée à un niveau zéro. » Le rapport introduit pour la première fois, de façon exhaustive, une approche économique. Pour la nature « remarquable » comme pour la nature « ordinaire », bien que la première ne devrait pas faire l’objet d’échanges. Les services rendus par les écosystèmes représentent de 7 à 10 fois la valeur de ceux de services marchands, commerciaux, comparables.

Eric Saulnier, de l’ONF, a illustré cette économie par l’exemple de la forêt de Vittel, dans les Vosges. Elle est gérée par l’ONF, avec comme directive la préservation de sa ressource en eau, car la société Nestlé exploite la nappe hydrothermale de Vittel. La mise en oeuvre de cette protection passe par une gestion adaptée des peuplements végétaux, avec un traitement sylvicole de la futaie irrégulière. Le bois est exploité, mais avec des rotations courtes de 6 ans, de façon à ne pas trop ponctionner les parcelles. Cette gestion existe depuis dix ans, et produit des résultats satisfaisants.

Pour le Muséum national d’Histoire naturelle, Jacques Trouvilliez, son directeur du Service du Patrimoine naturel, a souligné l’importance de la notion de compensation de la perte de diversité biologique. Comment compenser, et d’abord, comment mesurer cette perte ? En écologie de la conservation, toutes les espèces méritent une égale attention, alors qu’en écologie fonctionnelle, beaucoup d’espèces ont un rôle écologique similaire, donc on pourrait concevoir, pour ces dernières, de remplacer celles qui auraient été perdues par d’autres. Mais c’est une décision délicate, et discutée, à prendre. Il faut de toutes façons tenir en compte des listes d’espèces menacées, notamment la Liste rouge que produit tous les ans l’UICN.

Autre exemple local, en Seine-et-Marne, celui des mesures prises depuis longtemps par le Conseil général, et qu’a exposées son vice-président, Jean Dey. En particulier la réalisation d’un atlas de la biodiversité dans ce département.

Enfin Henri Clément , président de l’UNAF (Union nationale des apiculteurs de France), a donné des nouvelles du front des abeilles : lesquelles, on le sait, sont largement décimées dans quantité de pays, sans que des mesures efficaces puissent être prises. Ce déclin a commencé tôt, après la seconde guerre mondiale. Mais il s’est intensifié depuis les dix dernières années. Les causes sont multiples, et Henri Clément s’est fait fort d’insister sur l’importance du rôle économique et à la fois écologique rendu par les abeilles : 35% des ressources alimentaires de la planète dépendent des insectes, et parmi eux, à 80% des abeilles ; ces dernières ont une action déterminante sur l’existence de dizaines de milliers de plantes en Europe.

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