07/10/2003

Les OGM, poison ou panacée ?

Les OGM, encore et toujours …

A l’heure où la question de la levée du moratoire européen est posée, à l’heure où les producteurs américains de semences transgéniques entreprennent des offensives commerciales tous azimuts, il était bon de revenir sur cette question. Les Mardis de l’Environnement du 7 octobre 2003 leur ont donc été consacrés. Avec un intérêt supplémentaire : habituellement, seuls, ou presque, les adversaires des OGM s’expriment publiquement volontiers. Cette-fois-ci, était présent à la tribune un représentant de la Bibliothèque du Congrès américain, Charles Hanrahan, expert d’un bureau d’études de cette Bibliothèque, chargé d’un rôle d’évaluation en matière de politique agricole, à l’intention des deux chambres du Congrès.

Une position d’influence importante, a priori neutre, bien que Charles Hanrahan ait assez fréquemment défendu, bien qu’avec mesure, un point de vue relativement favorable aux semences transgéniques. A ses côtés, lui portant la contradiction avec la passion qui les anime, Arnaud Apoteker, spécialiste des OGM à Greenpeace, et Vincent Perrot, délégué général de la FNAB (Fédération nationale de l’agriculture biologique).

Charles Hanrahan, s’exprimant dans un français sans faute, a d’abord précisé l’importance des OGM pour l’économie américaine : ils représentent 40% du soja exporté, 20% du maïs et 45% du coton . Selon lui, les OGM sont d’ un intérêt évident pour l’agriculteur, car ils font baisser les coûts des intrants chimiques et demandent des traitements plus faciles que ceux des semences traditionnelles. Donc leur principal point positif est situé dans le domaine agronomique. Arnaud Apoteker a mis l’accent, en réponse, sur les risques biologiques. Il estime qu’avec cette nouvelle technologie, les barrières des espèces sont franchies, et que l’on ne connaît pas précisément les conséquences écologiques de l’introduction de ces semences, bien que déjà, plusieurs études partielles montrent que les OGM peuvent se disséminer facilement dans la nature et affecter les espèces de cultures traditionnelles. Le principe de précaution, essentiel dans une époque de déplétion de la biodiversité, devrait être invoqué. Bien qu’au niveau européen un seuil de 0,9% seulement d’OGM ait été accepté pour les produits alimentaires, ce qui peut sembler une sécurité, l’ensemble de la chaîne alimentaire sera affecté, car il faudra dorénavant multiplier les opérations de vérification pour tous les produits.

La dérive que représente la brevetabilité du vivant a été soulignée par Vincent Perrot. Il a également insisté sur la dégradation économique que représente pour les agriculteurs l’obligation de payer des droits d’utilisation de ces nouvelles semences. Il a par ailleurs mis l’accent sur l’ignorance actuelle de l’état de dégradation des sols, à la suite de l’utilisation intensive des intrants chimiques. Les OGM ne pourront que s’ajouter à la liste des cultures qui concourent à cette dégradation. Charles Hanrahan était bien conscient de l’importance de cette question écologique. Le gouvernement américain, selon lui, commence à faire réaliser des études sur les impacts environnementaux des OGM … et la maîtrise des risques éventuels de leur diffusion peut être acquise par la délimitation de périmètres de sécurité autour de ces cultures. Arnaud Apoteker a eu beau jeu, alors, de rappeler que ces périmètres de sécurité sont assez illusoires, car le vent, les insectes ou les oiseaux, peuvent très facilement transporter les graines de cultures transgéniques ailleurs, et contaminer des cultures traditionnelles.

On le voit, les positions des uns et des autres sont restées entières. Mais les nombreuses questions de la salle, et les précisions apportées par les intervenants, jointes à leur dialogue constant, ont produit un débat enrichissant.

Pour compléter votre information , vous pouvez voir sur PLANETE FUTURE , une soirée consacrée au OGM, le Mercredi 4 Février à Partir de 3 documentaires :  » Genetically modified foods:history’s harvest »,  » OGM:la bataille de Brésil » et  » Les graines du futur ». C’est un tour d’horizon complet sur les OGM . Comment scientifiquement ça marche?, Comment un pays comme le Brésil réagit? Et enfin y a t’il de bons de mauvais OGM? Qui sont les producteurs D’OGM?….à suivre

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