03/04/2007

Quantité de projets de développement durable existent dans le monde, mais leur pertinence est peut-être plus intéressante dans les pays où les enjeux pour les populations humaines sont prononcés : les pays en développement, justement. Le Mardi de l’Environnement d’avril a donc été consacré à l’exposition et à l’examen d’un tel projet, qui a cours à Madagascar. Un pays, où, à bien des égards, il y a beaucoup à faire pour assurer aux communautés des moyens d’existence décents, tout en respectant des impératifs qui sont ceux de l’environnement.

L’association française Equité Solidaire, en 2002, a lancé une initiative en ce sens. Il s’agit d’une coopérative de femmes malgaches, qui s’est spécialisée dans les produits de textile et de vannerie. Ces produits doivent pouvoir être commercialisés notamment par les circuits du commerce équitable. Pour en parler, la présidente de l’association, Aida Gervais, était présente. Elle a exposé la philosophie générale du projet, elle est entrée aussi dans le détail pour décrire sa genèse, et les difficultés comme les satisfactions d’un travail qui est loin d’être facile. Michèle Rivasi, impliquée dans l’entreprise, a apporté d’utiles compléments en rappelant l’historique des micro-projets de ce type à Madagascar ; en estimant que les ONG présentes sur place étaient très (trop ?) nombreuses, elle a appelé de ses vœux une concertation en réseau des experts travaillant sur l’île et , citant Equité Solidaire comme exemple, souligné la nécessité de tenir compte en priorité des ressources locales. L’Ademe, de son côté, soutient également le projet. Son représentant, Yves Leers, a justifié cette adhésion par le caractère exemplaire de la coopérative, qui n’a pas « importé » des recettes toutes faites, mais qui s’est appuyée sur l’expérience des différents acteurs.

Plusieurs autres intervenants ont tour à tour offert des éclairages complémentaires, qui ont, au total, fini par dessiner des contours assez précis des particularités du développement durable à Madagascar. La société de Patrick Maranon, Ecomicro, fournit les pays en développement, et notamment Madagascar, en produits informatiques « déclassés » et pourtant fort utiles. Nardo Vicente (directeur scientifique de l’Institut Océanographique Paul Ricard) forme depuis 20 ans des chercheurs en océanologie malgaches ; il a aussi ouvert une incidence économique et sociale, en indiquant qu’une exploitation à grande échelle d’une algue, la spiruline, permettrait de solutionner largement la malnutrition endémique sur l’île. Le Dr. René Razakazafa et Emile Ratefinanahary, le premier pour l’aspect santé, le second pour l’aspect politique, ont donné des précisions également utiles.

Plusieurs années ont été nécessaires pour lever tous les obstacles de façon à installer la coopérative dans un rythme d’activité satisfaisant ; si ses principaux débouchés sont sur place, elle commence parallèlement à exporter en France ses productions.