Mardi de l’Environnement- 2 octobre 2012

Après la Conférence environnementale

conférence énergétique

Les camps restent encore largement opposés, entre les partisans et les adversaires du gaz de schiste comme du nucléaire. Car il s’agit bien de dossiers qui dépassent même l’évaluation que l’on peut en faire en termes techniques comme en termes de conséquences pour la population : ce sont bien des projets de société différents, du fait de l’importance qu’on leur a donné, et du fait des innombrables polémiques qu’ils occasionnent dans toutes les sphères civiles.

Au Mardi de l’Environnement du 2 octobre, la partie n’était pas vraiment égale : les adversaires de ces deux sources d’énergie étaient, à la tribune, en position dominante. Néanmoins il a été donné à Francis Sorin, directeur de la communication de la Société française d’énergie nucléaire, d’exposer par téléphone son point de vue. Il a repris les arguments habituels du camp qu’il représente, mais avec une certaine conviction (la salle, acquise aux arguments opposés, a accueilli cette intervention avec civilité) : le nucléaire est une technique bon marché, sûre dans le fonctionnement de ses centrales (le drame de Fukushima serait dû à de mauvais choix de construction et d’exploitation), elle permet à la France d’avoir une certaine indépendance énergétique et tant que les énergies renouvelables ne feront pas la preuve qu’elles peuvent prendre la relève, il est plus avisé de la garder.

Pascal Durand, directeur d’Europe Ecologie – Les Verts (EELV), avait en ouverture précisé les positions de son parti sur cette question, comme sur celle du gaz de schiste. Il s’est d’abord sans fards expliqué sur les « tiraillements » actuels entre EELV et les ministres socialistes du gouvernement : « oui, ils existent, mais la participation d’EELV à ce gouvernement représente une possibilité de faire bouger les lignes, et il serait malvenu de s’en priver. » Selon lui, ces dossiers du nucléaire et du gaz de schiste sont d’autant plus actuels, et pressants, que le réchauffement climatique, et tous les effets qu’il entraîne, demande de faire des choix décisifs, et il est nécessaire de ne pas tarder. Yannick Rousselet, de Greenpeace, a défendu un point de vue qui allait dans le même sens, mais nettement accentué. Pour lui, le débat national sur l’énergie qui a été annoncé est une étape majeure, à laquelle toute la société doit participer, parce que cela engagera son avenir ; sur le nucléaire et le gaz de schiste il faut que le gouvernement dans son ensemble affiche des positions plus claires, et s’agissant notamment du nucléaire, que l’abandon de bien davantage de centrales soit effectif. « Arrêter la centrale de Fessenheim est une bonne décision, mais il y a quatre ou cinq autres centrales qui sont aussi dangereuses que celle-là, et rien, pour le moment, n’est prévu pour elles. »

Bernard Labat, de la fondation Humanité et Biodiversité, a fait partie de la table ronde consacrée à la fiscalité, lors de la récente conférence environnementale. Il a donc apporté des précisions sur la nature des travaux, et s’agissant des points à l’ordre du jour du Mardi, souligné qu’il faudrait encore un certain temps avant que la question des énergies fossiles soit résolue…

Juste avant que le débat ne s’engage, Lucie Dauvergne, qui effectue un tour du monde à l’écoute des projets innovants en matière environnementale, a parlé (via Skype) d’une initiative à Madagascar, Zebu Overseas Board, qui se décline comme la mise en location-vente, pour un à trois ans, d’un zébu auprès d’un agriculteur, pour ses travaux. Madagascar était la première étape de Lucie Dauvergne. Les Mardis de l’Environnement l’accueilleront, grâce à la même technique Skype, tous les mois, jusqu’à la fin de son périple, pour ses témoignages.

 

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