07/03/2006

Le paléoanthropologue Yves Coppens, professeur au Collège de France, était l’invité d’honneur des Mardi de l’Environnement, le 7 mars, pour témoigner de son expérience et répondre à la question-thème de cette rencontre : « l’homme et le monde : pour quelle évolution ? « . Il était entouré de Frédéric Fougéa, producteur ; Maximilien Rouer, directeur de BeCitizen ; Mathieu Le Roux, auteur du livre  » 80 hommes pour changer le monde  » (Lattès) ; et Cedric du Monceau, directeur du WWF-France.

Yves Coppens a d’emblée placé le sujet dans l’optique historique. Il a retracé la succession des changements climatiques qui se sont produits en Afrique aux temps géologiques anciens, jusqu’à l’apparition de l’homme. Les périodes sèches et les périodes humides ont alterné, les espèces se sont diversifiées et adaptées à leur nouvel environnement. L’homme n’y a pas fait exception : une espèce parmi d’autres, il a dû composer avec la nature. Il a dû aussi évoluer. Yves Coppens a bien montré que le monde physique impose des contraintes au vivant. L’exemple des fossiles humains découverts récemment à Flores (Indonésie) le prouve, selon lui, abondamment. Ce sont de petits hommes, qui sont issus d’hommes plus grands… Ils ont migré, pour s’établir dans une île, Flores. Et leur taille s’est réduite après un certain nombre de générations, illustrant le phénomène du nanisme, qui est avéré pour beaucoup d’espèces (éléphants en particulier).

Mais en ces temps anciens, l’impact de l’homme sur son environnement n’était pas très fort. Yves Coppens estime qu’il y a 15 000 ans, environ 5 000 êtres humains vivaient dans les limites ement différente, avec 6 milliards d’hommes sur la Terre. Et pour conserver ce monde, il est nécessaire de contrôler bien davantage l’empreinte qui lui est imposée, et qui se traduit par un déséquilibre majeur.

Cedric du Monceau a présenté la philosophie générale de son association ainsi que ses projets pour défendre la planète. Il insisté sur  » la futilité du PNB  » à prétendre traduire l’activité humaine, et plaidé pour une valorisation de l’écologie. Frédéric Fougéa s’est associé à Yves Coppens, et montré à l’écran un petit film d’animation qu’il a réalisé, mettant en scène des hommes préhistoriques,  » Why I didn’t eat my father « . Enfin Mathieu Le Roux a retracé le parcours de quelques-uns des  » hommes et femmes remarquables  » mis en scène dans son livre, qui se battent pour apporter des solutions respectueuses de l’environnement ; et Maximilien Rouer, en exposant son parcours personnel et la création de son entreprise, a lui aussi appelé de ses vœux une prise de conscience pour sauver ce qui doit l’être du monde.