04/04/2006

La place de l’environnement dans les médias a suscité beaucoup d’intérêt, tant des professionnels présents à la tribune que de l’assistance, le 4 avril dernier. Cette place est encore insuffisante. L’environnement est parfois considéré comme un domaine moins « porteur » que d’autres, en termes de lectorat, et ceci alors même que les sujets d’environnement deviennent de plus en plus importants, et que chacun est davantage concerné. Comment faire pour accroître l’espace médiatique de l’environnement ?

Les invités ont d’abord exposé chacun la nature de leurs activités.

Anne Bauer, spécialiste de ce domaine aux Echos, et présidente de l’AJE (Association des Journalistes de l’Environnement) a présenté son association, et rappelé les initiatives qu’elle prend pour rassembler des professionnels et ainsi développer l’influence du secteur – ce qui ne peut que favoriser sa position dans l’ensemble de la presse. Présidente des JNE (Journalistes pour la Nature et l’Environnement), Carine Mayo est intervenue dans les mêmes termes, et souligné qu’avec leurs 300 membres, les JNE ont une position importante. Charles-Henry Dubail, directeur de Victoires Editions (revues Environnement Magazine, Hydroplus, Recyclage Récupération) a retracé l’historique des revues de son groupe, qui se caractérise par l’occupation d’un créneau technique dans la presse professionnelle, reconnu des industries d’environnement. Jean-Louis Caffier, président de l’association Climat-Energie-Humanité-Médias, a évoqué son émission sur LCI, « Terre Mère ». Et Clélie Mathias la sienne, « Touche pas ma planète », sur la chaîne de télévision Direct 8.

Anne Bauer s’est peut-être révélée la plus incisive dans son constat général de la presse. Selon elle, la faiblesse de la représentativité de l’environnement dans les médias traduit une certaine perte d’importance des domaines « sérieux », au profit de nouvelles tendances comme la presse « people. » L’environnement fait-il vendre suffisamment ? La réponse à cette question cruciale n’a pas été apportée, mais il est de fait que les gestionnaires médiatiques choisissent peut-être trop souvent de faire parler d’environnement quand les nouvelles à ce sujet ne sont pas bonnes, quand l’aspect « catastrophe » est prédominant. Quand bien même des orientations positives seraient aussi largement à évoquer. Un autre point, et non des moindres, concerne le financement pour la recherche de l’information. Plusieurs des invités ont souligné que les rédactions sont souvent chiches de leurs deniers pour couvrir des événements d’environnement qui le méritent – avec, comme conséquence, que le public est peu, ou mal, informé, de ces événements. Il reste que quantité de nouvelles initiatives, même à une échelle réduite, sont apparues depuis plusieurs années – journaux, émissions TV et radio – et qu’elles devraient se multiplier avec l’explosion des supports d’information , ce qui ne pourra que renforcer le poids de l’environnement.