05/09/2006

De l’urgence de traiter de ces problèmes, tous les invités à la tribune (et les participants dans la salle, aussi bien) étaient convaincus, en ce mardi de septembre, pour la e : les changements climatiques, et les conséquences qu’ils impliquent, sont des questions cruciales, dont on ne peut plus repousser l’étude, et à plus forte raison la solution.

D’ores et déjà, s’il s’en fallait s’en tenir seulement au temps, on voit bien qu’en France, les saisons  » ne sont plus ce qu’elles étaient  » et que ce dérèglement est largement imputable à la modification des cycles climatiques à l’échelle de la planète. Une modification, rappelons-le, dont l’homme est le principal responsable, tant ses activités de toutes sortes d’exploitation et de consommation excèdent-elles les capacités de régénération de la nature.

La réunion avait commencé par une avant-première : la projection de la bande-annonce du film (sortie en salles le 11 octobre) d’Al Gore, ancien vice-président des Etats-Unis,  » An Inconvenient Truth  » ( » Une Vérité qui dérange « ). Un film-choc consacré à l’ensemble des problématiques environnementales de la planète, rigoureusement construit et argumenté, et militant.

Jean Jouzel, directeur de recherche au CEA, en commentant ces images, a bien abondé dans le sens de leur message : le rouge est mis. Même s’il a surtout rappelé l’importance, à ses yeux, des travaux des scientifiques français, notamment sur les pôles, qui n’auraient pas à rougir de ceux de collègues nord-américains. Lui donnant la réplique, Hervé Le Treut, directeur de recherche du CNRS à l’Ecole Normale supérieure et maître de conférences à l’Ecole Polytechnique, a mis l’accent sur la durée variable de réaction du système-Terre aux influences profondes qu’il subit : de quelques semaines à quelques millénaires. Ces délais sont à prendre en compte pour tous les projets à mettre en œuvre afin de redresser les erreurs commises. Ce qui pourra être fait par la génération actuelle, par exemple, ne sera effectif dans certains cas que pour les générations suivantes.

Ces points, et d’autres, avaient été exposés par Sylvie Lasserre, journaliste au  » Monde « , dans un article en août, dont elle a exposé la genèse. Morgane Créach, chargée de mission au Réseau Action Climat (qui rassemble 13 associations sur des mesures prioritaires à entreprendre pour le réchauffement climatique), a justifié l’action de son groupement par la nécessité de convaincre non seulement les citoyens, mais aussi, et peut-être surtout, la classe politique en France. Pour  » Be Citizen « , Maximilien Rouer s’est livré à un large survol des problématiques concernant toutes ces questions. Pas d’annonces-miracles, donc, au cours de ce Mardi de l’Environnement. Mais l’essentiel était de souligner, encore et toujours, avec quelques éclairages novateurs néanmoins, que cette évolution de notre environnement est réellement préoccupante, et que nous sommes tous concernés.