04/03/2008

Toutes les sociétés sont confrontées au même problème, mais bien évidemment, celles qui consomment beaucoup doivent trouver des solutions à leur mesure … Et depuis plusieurs dizaines d’années, dans le monde occidental, la croissance économique ne fait qu’augmenter les rebuts qui doivent être éliminés ou recyclés. En France, par exemple, chaque personne « produit » en moyenne 360 kg de déchets par an. Ce chiffre, important, a été rappelé par Yves Leers, de l’Ademe, au cours du Mardi de l’Environnement de mars consacré à ce thème des déchets. Comment faire pour en réduire les quantités ?

Plusieurs spécialistes ont donc présenté plusieurs solutions existantes, qui toutes font appel au « comportement citoyen » de chacun. L’Ademe est engagée depuis longtemps dans cette démarche, et travaille sur l’éco-conception des produits : avec des caractéristiques d’ergonomie, de recyclage, de réduction des impacts polluants, notamment. L’Ademe agit aussi directement au niveau des ménages, avec des conseils pour réduire les déchets. Exemple, celui de l’association Passiflore, à Fougères. Elle a monté un programme pour inciter les habitants à trier davantage, à consommer des produits laissant moins de déchets. Le résultat, c’est un « production » de déchets qui a été réduite à 53 kg par an par personne. Bien sûr, il est difficile d’étendre l’expérience au niveau du pays tout entier, mais le bilan est riche d’enseignements.

Agnès Allart a présenté la solution retenue par sa société Vers la Terre, qui est un lombricomposteur, un composteur avec des vers de terre, lesquels s’alimentent avec les déchets organiques, tout en produisant un compost d’excellente qualité. Naturellement, en appartement, cette technique n’est pas aisément utilisable … Mais l’idée demeure, qui est de pouvoir recycler soi-même, autant que possible , une fraction de ce que l’on consomme. Maire en Alsace, président d’un Etablissement public de coopération intercommunale, Dany Dietmannn a fait part d’une riche expérience. Depuis de longues années, il tente de mobiliser ses administrés (et les autres, dans différentes communes de sa région) de l’intérêt de réfléchir ensemble, de s’associer, pour solutionner le problème des déchets. Tout en ayant un diagnostic réaliste : « Si la technique, c’est à dire le souhaitable, est facile, le social et l’économique, c’est à dire le possible, l’est moins. Il faut aussi moduler les réponses en fonction des différents types de situations, qu’il s’agisse de la campagne ou des villes, qu’il s’agisse des maisons individuelles ou des immeubles. » Parmi les solutions modulables mises en œuvre en Alsace, il y a le tri sélectif, la facturation (redevance pour l’enlèvement des déchets) incitative, avec pesée des déchets de chaque ménage.

En prologue de la réunion, Rémi Guillet, président du Comité de pilotage du plan national pour la prévention des déchets du Medad, avait présenté ce plan, qui a été lancé par une grande campagne d’information. Et pour clore la réunion, last but not least, Nardo Vicente,directeur scientifique de l’Institut Paul Ricard, a décrit la situation en Méditerranée en ce qui concerne les nuisances et pollutions marines, lesquelles sont souvent causées par des rejets de déchets du continent. En ce domaine aussi, les choses avancent. Le constat actuel, par rapport aux années antérieures, est une baisse de cette pollution, en raison des efforts déployés pour éliminer les rejets, ceux notamment des sacs en plastique.