02/05/2006

Comment réduire les déchets en France, que faire pour adopter des attitudes plus citoyennes à cet égard ? La question a été au centre des débats du Mardi de l’Environnement de mai et s’il ne fallait pas espérer une réponse définitive, plusieurs directions intéressantes ont été exprimées par les spécialistes qui se côtoyaient à la tribune.

Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement, a mis l’accent sur le problème des incinérateurs, dont les nuisances se répercutent à plusieurs niveaux : les rejets massifs de dioxine ne sont pas conformes aux normes sanitaires ; le principe de l’incinération est incompatible avec le recyclage (l’incinérateur élimine ce qui pourrait être recyclé) ; les populations subissent les risques engendrés par ces traitements, sans avoir leur mot à dire. Pour Corinne Lepage, il est donc urgent de programmer la destruction des 138 installations d’incinération actuelles. Au téléphone, Dany Dietmann évoque tout l’intérêt de l’initiative PRM (produits résiduels ménagers) mise en place dans le Haut-Rhin, afin de valoriser les déchets ménagers. Pour l’Ademe, Yves Leers a rappelé que la production de déchets de montait à 360 kg par habitant et par an en France ; et moins de 20% officiellement, mais probablement 12%, des déchets, font l’objet d’un tri/recyclage ; les déchets ont été multipliés par deux depuis 40 ans et la tendance est toujours à la croissance. Fondateur du « festival du Vent » Calvi, Serge Orru a relaté l’expérience de suppression des sacs plastiques, source de pollution car très difficiles à éliminer, en Corse. Il a plaidé pour une « société du durable » à la place de la « société du jetable » actuelle. Pour lui, la prise de conscience environnementale de chacun peut et doit s’accompagner d’une fiscalité écologique dissuasive à l’intention des industriels.

Robert Klein, responsable du programme « Ecosac », a décrit son initiative, basée sur des relations avec des producteurs de coton dans le cadre du commerce équitable.

Il revenait à Bruno Genty, responsable de la mission Déchets à France Nature Environnement, d’élargir les perspectives aux nouvelles attitude de consommation qui sont possibles : mieux utiliser, plus rationnellement, ses achats ; ne pas céder à toutes les sirènes de la publicité ; choisir les produits qui sont les moins dommageables pour l’environnement. Bruno Genty a cité le cas de la Belgique : voilà un pays qui a réussi à réduire ses déchets, notamment au cours de la période 1995-2003. En France, une telle réduction pourrait atteindre 25%. On en est encore loin, mais la prise de conscience sur cette nécessité progresse. A preuve, notamment, la création d’un regroupement ponctuel d’associations, sous le sigle de L’Alliance, en avril dernier. Dans son programme de travail figure en bonne place la question des déchets. L’ « éco-responsabilité » est sans nul doute une formule qui a de l’avenir – et qui ne pourra s’exprimer pleinement qu’en trouvant de nouvelle formules avec le monde de la production.