07/12/2004

Certes, le Petit Larousse donne aussi une définition péjorative du mot « Aventurier ». Mais au Mardi de l’Environnement de décembre, consacré aux « Aventuriers des temps modernes », c’est l’acception usuelle qui était illustrée : « Personne qui recherche les aventures, qui aime l’aventure. » Et bien sûr, les invités manifestaient cet esprit d’aventure dans un domaine commun, celui de la nature et de l’environnement.

Camille et Thierry Sergent, apiculteurs de Seine-et-Marne, côtoyaient à la tribune Maia Simon, de l’association « A pas de loup », Laurent Farell, qui a réalisé une expédition en radeau à Madagascar, et Roger Cans, qui devait lui évoquer les aventuriers célèbres mis en scène dans ses livres.

Les époux Sergent ont monté un programme d’apiculture sur l’île de Socotra (Yémen). C’est une terre un peu oubliée du développement, mais riche en biodiversité – une terre où leur proposition d’aider la population locale à structurer la gestion de la récolte du miel rencontre un écho très positif. Un film sur leur entreprise a été diffusé, qui montre bien à la fois les conditions matérielles difficiles dans lesquelles ils doivent travailler, et l’enthousiasme des acteurs locaux pour cette possibilité d’apprendre de nouvelles techniques, qui doivent leur apporter une amélioration de leurs conditions de vie. Camille et Thierry Sergent ont aussi mis l’accent sur des projets pour préserver la diversité végétale, particulièrement menacée en raison de la plaie de nombre de pays en développement, les chèvres, qui arasent les pousses et empêchent la régénération des arbres.

Maia Simon a transporté l’auditoire en Afrique de l’est, en Tanzanie. Elle a évoqué son expérience de séjour dans un camp du département de la faune de ce pays, afin d’aider les gardes à surveiller les éléphants. Expérience humaine, expérience de la faune, saisie ici dans toute sa problématique, celle de la coexistence avec l’espèce humaine. Laurent Farell, lui, a mis à profit des loisirs d’étudiant pour entreprendre la descente d’un fleuve au nord de Madagascar avec des amis, ce qui lui a permis en parallèle de s’instruire sur le dossier de la culture de la vanille, dans la région concernée. Lequel dossier renvoie à la pression des hommes sur les habitats naturels, en raison du défrichement.

Le livre de Roger Cans, « Les flibustiers de la science », trace les portraits de grands noms : Jacques-Yves Cousteau, Haroun Tazieff, Alain Bombard, etc. Tous, à leur manière, ont saisi l’aventure dans leur riche existence, et leur biographe a évoqué nombre d’épisodes auxquels ils ont pris part.

Enfin, arrivé un peu plus tard, Yann Arthus-Bertrand a récusé pour lui l’appellation d’ « aventurier. » Il s’est même défini comme un « non-aventurier », en s’expliquant : pour lui, l’essentiel est de monter des projets qui participent à la sensibilisation du public pour les questions de nature. Fort du succès de son livre « La Terre vue du ciel », il crée un centre d’information pour les jeunes générations, au Bois de Boulogne, à Paris, en partenariat avec le WWF, dédié à l’environnement du monde. Une autre forme d’aventure, peut-être, que celle de rassembler passions, compétences et finances, pour défendre le monde vivant …