03/03/2009

S’il est un principe qui présidait à la réflexion de tous les invités du Mardi de l’Environnement, le 3 mars, c’est bien celui de précaution, concernant les ondes électromagnétiques. Tous se sont accordés à estimer qu’à l’heure actuelle, ce principe était loin d’être respecté. Et pourtant les études se font de plus en plus précises pour montrer que la santé humaine pourrait être en jeu.

Naturellement, les opérateurs responsables des installations utilisant ces ondes mettent en avant l’innocuité des techniques, mais ils convainquent de moins en moins facilement. Etienne Cendrier, porte-parole de l’association Robin des Toits, a pourtant précisé au cours de ce débat qu’il ne s’agissait pas de refuser ces techniques, mais d’obtenir des taux de radiations qui ne comportent pas de risques sanitaires. Ces risques, Michèle Rivasi, vice-présidente du CRIIREM, en a longuement parlé, citant notamment ceux, peu connus, qui comportent des effets géno-toxiques, c’est à dire affectant l’ADN. Elle a aussi relaté son expérience d’élue locale (à Valence, Drôme), et de sa longue bataille pour faire retirer des antennes-relais situées à moins de 100 mètres d’écoles.

Pour Arnaud Gossement, juriste de FNE, les choses commencent à bouger sur le terrain juridique, avec la récente décision de la cour d’Appel de Versailles condamnant un opérateur. Arnaud Gossement a insisté sur le principe de précaution, indispensable, ainsi que sur la nécessité d’organiser des débats publics en France sur ces questions. Toutefois la solution pourrait passer par les instances européennes, selon Michèle Rivasi. L’Autriche et l’Espagne retiennent des taux de radiations bien inférieurs à ceux des opérateurs français, lesquels mettent en avant leur obligation, en vertu de la réglementation, de couvrir l’essentiel du territoire national , mais cela n’est pas du même registre que les problèmes sanitaires induits par les antennes…

Puis est intervenu au téléphone, Serge Marcouyoux, exploitant agricole avec ses parents en Corrèze. La famille Marcouyoux, à l’automne dernier, a gagné son procès contre l’installateur d’une ligne à très haute tension (THT), dont les champs magnétiques avaient eu des conséquences très néfastes sur le cheptel de la ferme. Malheureusement, a précisé Serge Marcouyoux, l’affaire étant en appel, cette ligne demeure en activité, et les humains sont aussi concernés par diverses affections liées à celle-ci. De plus, les voisins de la ferme ne se sentent pas prêts à s’engager sur ce dossier, quand bien même leurs propriétés sont situées elles aussi sous la ligne… Il s’agit donc de toutes façons de convaincre, encore et toujours, les opinions publiques, malgré les difficultés. Michèle Rivasi avait rédigé une proposition de loi instaurant un seuil « sécurisant » de 0,6 volts pour les antennes-relais, mais ce texte a été refusé par le parti auquel elle appartenait alors. Pourtant, a-t-elle rappelé, le Parlement européen est saisi de la question, et l’avenir devrait se présenter sous de meilleurs auspices.