01/06/2010

Les Terres australes et antarctiques françaises sont, depuis la loi du 6 août 1955, un Territoire d’outre-mer doté de l’autonomie administrative et financière.

Les Terres australes et antarctiques françaises (Taaf) sont formées par l’archipel de Crozet, l’archipel des Kerguelen, les îles Saint-Paul et Amsterdam, la terre Adélie et les îles éparses (depuis la loi du 21 février 2007) : Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India dans le canal du Mozambique et Tromelin au nord de la Réunion.

L’ensemble de ces terres procure à la France une Zone Economique Exclusive (ZEE) de plus de 2 500 000 de km² riches en ressources marines.

La pêche australe française, une ressource à défendre

La pêche australe française, une ressource à défendre

A l’évidence, tous les acteurs de la pêche française dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), qui étaient réunis à la tribune du Mardi de l’Environnement du 1er juin, affichaient leur entente, pour gérer ce dossier sensible dans cette région du monde la plus proche du continent antarctique. Les autorités politiques et administratives, en la personne du Préfet administrateur, Rollon Mouchel-Blaisot ; les autorités scientifiques, avec Guy Duhamel, directeur du Département Milieux et peuplements aquatiques du Muséum national d’Histoire naturelle ; l’industrie halieutique, représentée par Yannick Lauri, directeur général de la Sapmer et président du syndicat réunissant les six armements des TAAF. Ils ont mis au point des protocoles d’accord qui semblent fonctionner efficacement.
Un premier « tour d’horizon » a permis à Rollon Mouchel-Blaisot de rappeler que les TAAF englobent le deuxième espace maritime français, et un vaste espace, avec 2,3 millions de km2. La biodiversité est très riche, a souligné Guy Duhamel, avec en particulier des populations plantureuses d’otaries, d’éléphants de mer, de cétacés, d’oiseaux de mer et de poissons. La pêche n’y est pas régie par les stipulations de l’Union Européenne, mais directement par l’Etat français. Toutefois le traité de Washington s’applique. La ressource presque unique est la légine, un poisson très apprécié sur les marchés, notamment au Japon, donc une ressource de valeur. Les bateaux des six armements partent pour des campagnes de trois mois de mer, avec comme port d’attache La Réunion. La pêche est du type à la palangre. La biomasse de la légine est estimée à 150 000 tonnes, le total admissible de capture (TAC)pour 2009-2010 a été de 5 000 tonnes, ce qui semble raisonnable. Le Muséum intervient à chaque campagne pour évaluer avec les professionnels l’état de la biomasse et fixer des chiffres de prises correspondants.
C’est bien dans cette zone que la majorité de la pêche à la légine du monde est constatée, puisque les prises mondiales s’élèvent à 16 000 – 18 000 tonnes. Mais cette ressource est âprement convoitée. Dans les années 1980-1990, la pêche illicite représentait de 5 à 10 fois celle de la pêche licite ! Le gouvernement français a réalisé que s’il ne faisait rien, toute la ressource finirait par être pillée. Maintenant, donc , la Marine nationale est présente sur zone 200 jours par an, et de son côté, la marine australienne fait également des patrouilles. Les « navires-pirates » n’ont pas disparu, mais ont été repoussés au-delà des limites de la zone économique exclusive (ZEE).
Il semblerait donc que tout puisse aller pour le mieux dans le meilleur des mondes … Mais Rollon Mouchel-Blaisot a insisté sur la stricte nécessité de maintenir l’effort de surveillance et de contrôle, pour la pêche illicite. Et Yannick Lauri a parlé d’autres envahisseurs, naturels cette-fois-ci, les orques, qui exercent leur prédation sur les légines dans les filets, laquelle prédation pourrait atteindre 40% des captures à Crozet, une des îles des TAAF. La meilleure solution pour dissuader ces mammifères marins est encore à l’étude …