07/01/2003

Les OGM sont-ils nuisibles ? Leurs détracteurs affichent des positions passionnées, inquiets des projets de réglementation de ces organismes, inquiets des expérimentations qui sont pratiquées en France, inquiets des cultures transgéniques autorisées dans certains pays. Les professionnels de l’agriculture biologique, en particulier, se sentent menacés et ils le sont déjà depuis longtemps par l’agriculture traditionnelle. Invités à la tribune du Mardi de l’Environnement de janvier 2003, ils ont donc largement exposé leurs préoccupations et souligné que les OGM sont à proscrire car inefficace et dangereux.

Pour la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique étaient présents son Président, François Thiery, son Directeur général, Vincent Perrot. A côté d’eux, Céline Devaux, du laboratoire Ecologie, Systématique et Evolution de la faculté d’Orsay, s’est montrée plus mesurée, mais elle avait fort à faire pour emporter la conviction de l’auditoire face aux deux autres intervenants. Elle n’en a pas moins replacé le débat dans son contexte global d’introduction de techniques dont les effets sont loin d’être tous circonscrits, estimé qu’une certaine prudence s’imposait avant de condamner les cultures transgéniques. Mais pour François Thiery et Vincent Perrot, la cause était entendue : les OGM sont inutiles, car les méthodes de l’agriculture biologique sont plus efficaces pour combattre les prédateurs végétaux et animaux ; les OGM présentent des risques, car les manipulations génétiques qu’ils supposent ne sont pas maîtrisées et la contamination des cultures traditionnelles est inévitable ; les consommateurs sont majoritairement hostiles aux OGM.

Les deux intervenants ont eu beau jeu d’introduire un rapport de la Soil Association, qui présente un bilan franchement négatif de six années d’agriculture transgénique en Amérique du Nord : des rendements insuffisants ; des résistances aux nouvelles molécules, lesquelles sont plus chères (de 20 à 40 %)que les semences traditionnelles ; la contamination entre espèces végétales ; au total des coûts importants pour la collectivité. Les agriculteurs biologiques demandent donc qu’en France soient refusées les cultures et les essais de plein champ de ces organismes génétiquement modifiés. Seront-ils entendus ? les pressions des industries agro-alimentaires, qu’elles soient nord-américaines ou européennes, sur les instances politiques, notamment la commission européenne, pour généraliser les OGM, n’incitent guère, en ce sens, à l’optimisme…

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