11/09/2007

Par ce vœu, Serge Orru, directeur général du WWF-France, a bien rappelé les enjeux du « Grenelle de l’environnement », lors du Mardi de septembre. Certes, la réalité n’est pas encore là, il y a encore beaucoup de chemin à faire. Mais du moins, une impulsion importante semble avoir été donnée, avec les travaux des commissions du Grenelle, dont plusieurs acteurs majeurs ont parlé le 11 septembre.

Il devait revenir à Michel Vampouille, du Conseil régional d’Ile-de-France, d’ouvrir les débats, en rappelant la responsabilité des élus de sa région en matière environnementale. Estimant que le cadre de la région était particulièrement adapté pour traiter de ces questions, il a signalé la priorité qui devrait être accordée à la résolution de deux points : la retranscription dans la réglementation française de toutes les directives européennes en matière d’environnement, le comblement du manque d’effectifs de professionnels en environnement, en Ile-de-France.

Allain Bougrain Dubourg a souligné que le Grenelle avait fourni un signal fort pour rassembler tous les intéressés et donner une place majeure aux dossiers qui attendent depuis si longtemps. Serge Orru s’est également prononcé pour une nouvelle direction, entrer dans une civilisation du durable à la place du jetable. Le directeur général de Greenpeace-France, Pascal Husting, dont l’association est très critique envers le nucléaire, a évoqué un « devoir de résistance » sur ce dossier. Michèle Rivasi, coordinatrice pour les Verts du groupe de suivi du Grenelle, a suivi Pascal Husting, en estimant que le réel pouvoir, pour les questions nucléaires, était détenu par le corps des Mines, et elle a appelé des vœux un contrat entre les politiques et les ONG pour mettre en place des mesures écologiques, notamment une TVA écologique.

Spécialiste des OGM à Greenpeace, Arnaud Apoteker a demandé un moratoire sur ces cultures transgéniques, qui ne sont pas souhaitées, d’après un sondage, par 86% de la population, et notamment par 62% des agriculteurs. Il a aussi argué de la nécessité d’une loi accordant l’autorisation de produire et de consommer sans OGM. Le secrétaire général de la Confédération paysanne, Jacques Pasquier, a comparé la situation française à celle prévalant en Allemagne, où ce moratoire existe. Pour lui, d’importants changements de cap sont nécessaires à l’agriculture, et il doute que ces changements soient traités au Grenelle. De la salle, fort intéressée, sont venus approbations comme contradictions. Mais les premières, à l’évidence, étaient plus nombreuses que les secondes : la légitimité pour les ONG environnementales d’entreprendre des discussions avec le gouvernement et les autres secteurs, par le biais du Grenelle, apparaît cohérente. Un dernier acteur est venu s’exprimer par le biais d’un film que lui a consacré Eric Grinda et qui a été diffusé après les débats : Dany Dietmann, qui a axé ses propos sur le tri des déchets et les comportements écologiques responsables.