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Mardi de l’Environnement – 2 avril 2013

Peut-on préserver la biodiversité ?

Bien sûr, à cette question cruciale, les réponses peuvent être claires, mais encore faut-il qu’elles soient suivies d’effets… Et c’est bien tout le problème pour les espèces animales et végétales actuellement. On sait très bien ce qui serait nécessaire. Mais les pesanteurs, et surtout le manque d’implication de ceux qui auraient le pouvoir de faire changer les choses, sont bien les obstacles empêchant de tirer un bilan positif de l’état de cette biodiversité. Laquelle est menacée essentiellement par l’exploitation qui est faite d’elle. Au téléphone, en ce mardi d’avril, David Morgan, secrétaire du bureau scientifique de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction), s’est voulu quelque peu rassurant, en estimant que la dernière réunion de cette convention avait été malgré tout satisfaisante. « Il s’agit avant tout d’établir un équilibre, un compromis, entre les exigences du monde économique et celles de la conservation ; et à ce titre, beaucoup de décisions positives ont été prises. » Et David Morgan de citer notamment le fait que le classement dans les annexes de la CITES a permis d’assurer la survie de plusieurs espèces, ce qui reste très discutable pour certaines d’entre elles, notamment celles qui continuent à faire l’objet d’un braconnage intense, mettant en péril leur existence. Ainsi en est-il le cas des rhinocéros, dont le sort apparaît de plus en plus dramatique. Mais David Morgan n’en a pas moins repris, même en termes voilés, l’argument, exposé à la dernière CITES par la ministre de l’environnement sud-africaine, de la nécessité de rouvrir le commerce de la corne de rhinocéros, afin de contribuer, par des ressources financières nouvelles, à la conservation de ces animaux …

Gilles Bœuf, président du Muséum national d’Histoire naturelle, n’a pas vraiment pris de gants pour donner son sentiment sur ce qui s’apparente à une véritable crise de conviction pour la biodiversité : « La communauté internationale avait lancé un vaste mouvement pour « stopper » l’érosion de la biodiversité en 2010, qui a lamentablement échoué ; et maintenant, on nous promet que cela sera possible en 2020, mais on ne se donne aucun moyen pour le faire ! » Gilles Bœuf a donné l’exemple des mérous en Méditerranée, un sujet qu’il connaît très bien pour le suivre de près. Ces poissons sont protégés, mais il faut sans cesse revenir à la charge, et rien ne prouve que dans les temps à venir leur statut continuera à être respecté. Quant à l’IPBES (le GIEC, sur le climat, pour la biodiversité), autant Gilles Bœuf reconnaît qu’il est nécessaire (et il a été un des acteurs majeurs dans cette création), autant il craint qu’il ne devienne « une plate-forme, une grande machine, du type de celles de l’ONU, assez paralysée finalement par l’absence de décisions. » Voilà bien des avis qui ont rencontré l’assentiment de Charlotte Nithart, de l’association Robin des bois, qui participe à toutes les réunions de la CITES depuis fort longtemps. Elle relève que selon elle, il existe une dérive des autorisations de commerce limité pour des espèces considérées comme menacées, dérive qui favorise le commerce illégal. Et c’est en particulier le cas pour l’éléphant et son ivoire. Elle considère aussi qu’à la CITES « Les commerçants ont l’influence la plus grande, et ne cessent de vouloir faire sauter les protections des espèces pour les exploiter, au nom de leur préservation. Il y a eu notamment à la dernière CITES une proposition de créer un cartel de l’ivoire d’éléphant et de la corne de rhinocéros, afin de contrôler les marchés. »

Et de fait, en face de la crise financière et économique actuelle qui concerne une bonne partie de la planète, les chances des espèces animales et végétales pèsent encore moins lourd… Et pourtant cette crise devrait véritablement être considérée dans le rapport qu’elle établit avec ces espèces. Car elle a des fondements écologiques : elle a largement trait à la raréfaction des ressources dans le monde. Et ce n’est pas en continuant à surexploiter les espèces, considérées comme des ressources, que des solutions pourront être trouvées. « Mais en sortant du délire qui veut qu’Homo sapiens s’arroge le droit de tout consommer, sans discernement, au risque de perdre une bonne partie du patrimoine naturel » a conclu Gilles Bœuf. 

 

 Communiqué :

A l’occasion de LA CITES 2013 qui venait de se tenir, L’institut Océanographique Paul Ricard et la Société Européenne des Réalisateur de L’Environnement, étaient heureux de vous inviter pour le prochain Mardi de L’Environnement, sur :

La biodiversité sur le fil du rasoir : exploiter ou préserver

La crise économique aidant, les ressources de la biodiversité sont de plus en plus mises à contribution. Et pourtant le bilan général des espèces de faune et de flore s’assombrit année après année. Quelles impulsions fondamentales sont – elles nécessaires si l’on veut conserver ce qu’est à la fois, un capital, et un patrimoine naturel ?

  • Revue d’actualité d’Alain Zecchini,
  • Patricia Ricard, recevait en tribune,

-Gilles Bœuf, Président du MNHN,
-David Morgan, CITES
-Charlotte Nithart, Robin des Bois,
-Ministere de L’Ecologie, en attente de réponse

  • La piste bleue : Lucie Dauvergne et son Tour du Monde. En un an et une vingtaine d’escales, elle envisage de rencontrer des « héros du quotidien » qui oeuvrent pour la planète et de leur faire exprimer leurs bonnes pratiques en matière de développement soutenable, ainsi que des pistes de solutions. Elle partagera avec nous chaque mois ses découvertes et ses anecdotes de voyage.

Retrouvez ses aventures dès maintenant sur son blog : http://mtdm1-l.blogspot.fr

 

Pour en savoir plus :

  • www.robinedesbois.org
  • www.cites.org
  • www.developpement-durable.gouv
  • www.iddri.org
  • www.fondation-nicolas-hulot.org
  • www.fondationbiodiversite.fr
  • www.inra.fr
  • www.cirad.fr
  • www.ipbes.net
  • www.ifremer.fr
  • www.ird.fr
  • www.unep.org
  • www.wwf.org
  • www.wwf.fr
  • www.greenpeace.org

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  • Radio France Internationale – www.rfi.fr, retrouvez les Mardis dans le seul magazine sur l’environnement, pour s’informer avant d’agir, Samedi et Dimanche Paris 89 FM. « C’est pas du vent ! » l’émission d’Anne-Cécile Bras
  • Radio Ethic – www.radioethic.com, avec Pascale Marcaggi. http://www.radioethic.com/les-emissions/ecologie/mardis-de-l-environnement.html
  • TerreTV – www.terre.tv

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