ALIMENTATION

Prendre de nouvelles habitudes alimentaires ?

Elles commencent à être prises, ces nouvelles habitudes, mais ne concernent pas encore, loin s’en faut, la majorité des populations. Pourtant, elles ouvrent des avenues prometteuses, qui tiennent beaucoup mieux compte que par le passé à la fois du respect de l’environnement et du respect de la santé humaine.

Prenons l’exemple de « Slow Food », le mouvement lancé en 1989. Il ne compte encore que 100 000 membres, et dans 83 pays, selon Armelle de Saint-Sauveur, présidente d’un des trois centres de ce mouvement sur Paris. C’est peu. Mais on sait que les idées de ce type mettent du temps à s’inscrire dans les comportements. Peut-être, dans le cas de « Slow Food », est-ce lié à une certaine difficulté pour comprendre précisément dans quelle catégorie il faut ranger cette tendance. La « slow food » se veut en opposition à la « fast food », se veut « une nourriture propre, bonne et juste ». Mais de quel type de nourriture s’agit-il ? Pour Armelle de Saint-Sauveur, « des produits pas forcément bio, relevant plutôt de l’agro-écologie, et qui respectent, en tout cas, une juste rétribution des producteurs, tout en assurant un accès égal à l’alimentation. » Avec une incidence importante, d’après elle, l’incitation à consommer des produits locaux, qui serait particulièrement justifiée dans les pays en développement.

Mais le « produire et consommer local » n’est pas la panacée, a relevé Benoît Biteau, agriculteur, vice-président de la région Poitou-Charentes. Car le local n’apporte aucune garantie sur le non-usage de produits phytosanitaires, et ce sont bien ces produits qui dénaturent, c’est le cas de le dire, l’agriculture. Benoît Biteau est favorable au bio et à la lutte intégrée, hostile à l’agriculture raisonnée comme aux OGM, lesquels « ne pourront jamais nourrir le monde. » Ce qui est vraiment nécessaire, selon lui, pour un pays, c’est d’avoir la souveraineté alimentaire. Le Malawi notamment, petit d’Afrique pourtant, et pauvre, possède cette souveraineté. Mais en Europe, les circuits sont biaisés, ou pervertis. « L’agriculture conventionnelle externalise ses coûts, ce sont les consommateurs qui paient. Et dans le même temps, les gros producteurs/distributeurs agricoles reçoivent des subventions énormes. Celles de la PAC, en Poitou-Charentes, représentent 660 millions d’euros par an, soit l’équivalent du budget de la région ! » Et à propos des dépenses sui seraient nécessaires pour rendre à nouveau les terres saines, débarrassées des produits phytosanitaires, l’estimation de Benoît Biteau donne un peu le vertige, avec 54 milliards d’euros par an dans notre pays …

Italien, Ignazio Garau est l’animateur du réseau « Citta del Bio », lequel, comme son nom l’indique, rassemble les localités qui ont choisi de faire porter particulièrement l’effort sur l’introduction du bio. En Italie, 290 villes ont jusqu’à présent adhéré au mouvement. L’objectif d’Ignazio Garau est de mettre en place un réseau euro-méditerranéen, avec comme autres partenaires tout particulièrement la France, la Grèce et l’Autriche, où les réponses sont les plus prometteuses. Le point qu’il souligne donc surtout est la nécessité, contre les multinationales alimentaires, de fédérer les territoires, et à cet effet, de s’assurer la maîtrise de la distribution, « qui représente aujourd’hui 80% du prix d’un produit agricole. » Fédérer les territoires, cela doit avoir aussi pour effet de rétablir le lien entre les villes et les campagnes, dans un but commun alimentaire bien compris.

« Terres en Ville a été créé pour lutter contre le bétonnage des villes et le massacre des campagnes » a précisé pour son association Serge Bonnefoy. Lui aussi a mis l’accent sur cette notion considérée comme essentielle du territoire, et tout autant, « d’une bonne gouvernance alimentaire. »
Et sur ces constats, le débat devait se terminer. Mais pas tout à fait … Puisque Thierry Laval, ensuite, a présenté la nouvelle chaîne de télévision dont il est le président, Campagnes TV. Elle devait ouvrir à l’antenne en janvier. Thierry Laval a justifié le besoin d’une telle chaîne par … le besoin du public, justement, de retrouver la ruralité et tout ce qui s’y rapporte. Avec 10 millions de foyers ciblés, soit 30 millions de personnes, l’ambition est vaste. Mais les perspectives s’annoncent prometteuses. « Ce sera une chaîne avec trois orientations, l’état des lieux, l’innovation, et l’humain. » A n’en pas douter, quelques pistes lancées à ce Mardi de l’Environnement de janvier devraient sans tarder être illustrées par ce nouveau canal de diffusion.

 

A l’occasion de l’année internationale de la sécurité alimentaire proclamée par l’ONU pour 2013 et du lancement de la nouvelle chaine TV, CAMPAGNESTV, dédiée à l’agriculture d’aujourd’hui et au monde rural, L’IOPR et la SERE, avaient le plaisir de vous inviter au mardi sur le thème,

Production et consommation alimentaire : les nouveaux enjeux

Le monde agricole est en pleine mutation et pour l’alimentation, la « naturalité » devient un critère essentiel. Les exigences  de qualité que cela suppose peuvent-elles s’harmoniser avec une production de masse nécessaire pour nourrir l’ensemble des habitants sur notre planete.

Pour répondre à l’ensemble de ces questions liées  au monde agricole d’aujourd’hui. De la recherche, au développement, et des nouvelles tendances, Patricia Ricard, recevait en tribune,

  • Thierry Laval, le Président de CampagnesTV
  • Présentation du réseau italien « Citta del Bio » en présence d’Ignazio Garau, qui regroupe 290 villes dans son association en Italie. Son objectif est de mettre en place un réseau euro-méditerranéen, avec La France, La Gréce et L’Autriche.
  • Serge Bonnefoy, Dynamique des agricultures urbaines. Terres en Ville
  • De Slow Food France .
  • Benoit Biteau, Agriculteur à Sablonceaux, en Région Poitou Charentes.
  • sous réserve en attente de réponse. Gilles-Eric Seralini, Président du CRIIGEN
  • 4ème escale pour Lucie Dauvergne et son Tour du Monde.

Elle partage avec nous ses découvertes et ses anecdotes de voyage.

Retrouvez ses aventures dès maintenant sur son blog : http://mtdm1-l.blogspot.fr et sur notre site

Revue d’actualité d’Alain Zecchini,

Votre inscription préalable est nécessaire par e-mail : contact@s-e-r-e.net

Entrée libre et gratuite dans la mesure des places disponibles

Diffusion du documentaire « Slow Food », 5’ produit par Paco Fernandez de la Société INJAM. Ce documentaire sera sur l’antenne de CAMPAGNESTV le 15 Janvier 2013.

Patricia Ricard et Marie-Pierre Cabello, ainsi que l’équipe des Mardis de L’Environnement, vous invitent à venir nous rejoindre pour ce Mardi de l’Environnement de la rentrée et vous présenter la saison 2013 et nos vœux de nouvelle année.

Une année 2013 pleine de force et de volonté, de beauté et d’amour, de sagesse et de sérénité. A quoi ça sert les mathématiques si on ne peut pas compter les uns sur les autres. Yousoupha rappeur français

  Pour en savoir plus :