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 Mardi de l’Environnement – 4 mars 2014

 

Le biomimétisme, quelle imitation ?

 

On en parle beaucoup, dans certains cercles, tout du moins. Et certains ne sont pas loin d’en faire une panacée, qui permettrait de réduire, voire de supprimer, la fracture qui s’est instaurée entre les activités de l’homme et la nature – au détriment de cette dernière, cela va sans dire. Le biomimétisme consiste à traduire dans un objet ou un programme appliqué des « recettes » trouvées par la nature dans les champs de la biologie et de l’écologie. Il est très ancien – Léonard de Vinci, notamment, en a démontré l’intérêt, lorsqu’il s’inspirait de la géologie ou des organismes d’animaux pour imaginer des machines. Mais cette inspiration est beaucoup plus ancienne, les premiers témoignages peuvent remonter à l’Antiquité. Rien de nouveau sous le soleil, donc. Pourtant, voici quelques décennies, Janine Benyus, une Américaine, a pensé avoir découvert cette pratique, et l’a érigée en système. Lequel venait à point nommé pour les entreprises, soucieuses de se « verdir » quelque peu… et d’afficher une volonté de mettre un terme à la destruction des ressources, destruction qui menace l’espèce humaine, à terme.
Pour illustrer ce thème, Les Mardi de l’Environnement recevaient, le mardi 4 mars, Sylvie Gauthier Morestain, afin de présenter les activités du Ceebios, le Centre européen d’excellence en biomimétisme de Senlis, un organisme qui entend devenir un pôle de référence en biomimétisme, en favorisant les échanges entre le monde industriel et le monde universitaire ; Tarik Chekchak, secrétaire du Comité français de Biomimicry Europa ; et Louis-Albert de Broglie, directeur du château de la Bourdaisière, à Montlouis, en Touraine, qui a créé une micro-ferme en permaculture. 
Tarik Chekchak a tout d’abord rappelé le contexte dans lequel se place l’économie mondiale. Il s’agit bien d’une crise. L’anthropocène, l’époque marquée par la domination de l’homme sur le monde, voit se multiplier les signes alarmistes , qui montrent bien qu’aux excès il s’agit de substituer une certaine mesure. Et de mettre en place ce que Tarik Chekchak appelle des « phénomènes collaborectifs », des solutions plus adaptées que celles qui avaient été retenues jusque-là. Ainsi, le biomimétisme, qui offrirait une souplesse et une efficacité inégalées, et ne produirait pas d’effets néfastes sur l’environnement et la création. 
Dans le même sens, bien sûr, a été l’intervention de Sylvie Gauthier Morestain. Elle a tracé un vaste panorama des activités projetées (et celles qui débutent) du Ceebios, insistant sur la collaboration attendue entre les entreprises et les chercheurs ou les étudiants, au plus grand bénéfice des uns et des autres. Bénéfice, pour les entreprises ? Oui, puisqu’il s’agit pour elles, et cela a bien été indiqué, de lancer l’exploitation d’un produit après avoir déposé un brevet sur le modèle tiré de la nature.
Louis-Albert de Broglie se place, lui, sur un terrain qui n’est pas tout à fait le même. Bien que le biomimétisme concerne par incidence les activités qui sont les siennes. Il a lancé, voici une vingtaine d’années, une filière de culture de la tomate, qui connaît un grand succès. Avec notamment des espèces « disparues » (c’est-à-dire non cultivées depuis longtemps), et pour toutes celles qu’il a choisies, des méthodes de culture durables et écologiques. Ce qui l’a conduit, en octobre 2013, à créer une micro-ferme en permaculture : une pratique de culture économe en énergie, respectueuse de toutes les formes d’expression du vivant et du non-vivant au sein d’un écosystème, et que l’on pourrait aussi qualifier comme un brassage entre l’écologie, l’agriculture biologique, le biomimétisme, l’éthique… Louis-Albert de Broglie a fait une intervention passionnée et à la fois rigoureuse, qui a bien démontré que garder les pieds sur terre, cela suppose d’entreprendre des projets utiles aux hommes, bien sûr, mais qui laissent aussi intact le potentiel, tout le potentiel, de la nature.

 


 

10h30 : Ouverture au public et Revue d’actualité d’Alain Zecchini.

A l’occasion de ce rendez-vous trimestriel des Mardis de L’Environnement, Patricia Ricard, accueillait :

  •  Madame Sylvie Gauthier Morestain, présentera le CEEBIOS à Senlis, dédié au biomimétisme et ses implications dans les secteurs : ENERGIE, PHOTOSYNTHESE, RESEAUX TELECOMS, ENGRAIS ET INSECTICIDES, PHYTO-ÉPURATION ET FILTRATIONS, MICRO-MATÉRIAUX, AÉRODYNAMISME, SANTÉ ET IMPLANTS BIOMÉDICAUX, RÉSEAUX MYCÉLIUM, DÉPOLLUTION, TRANSPORTS, BIO-TEXTILES ET MATÉRIAUX HYDROPHOBES, BIO-VERRES, BIOLUMINESCENCE, EMBALLAGES, BIO-CIMENT, CHIMIE VERTE, PROGRAMMATION INFORMATIQUE, ÉCOLOGIE INDUSTRIELLE, PERMA-CULTURE, dossier de presse CEEBIOS …
  •  Tarik Chekchak, Secrétaire du Comité Français de Biomimicry Europa, Directeur Sciences et Environnement de l’Equipe Cousteau en Europe et de la Cousteau Society aux Etats-Unis,
  •  Thierry Jacquet, Président Fondateur, Application des programmes en développement de Phytorestore à l’international, 
  • Louis-Albert de Broglie (sous réserve),  En 2013 création au château de la Bourdaisière, à Montlouis, d’un nouveau laboratoire à ciel ouvert : une microferme en permaculture.  Présentation d’un exemple concret,

 

Pour visionner les programmes vidéos sur la thématique : 

www.artisansduchangement.tv,

ainsi que sur ,  www.campagnestv.com, «  La ferme pilote permaculture » www.ted.com/talks/lang/fr/janine_benyus_biomimicry_in_action.html‎

 Plus d’infos :    

www.ceebios.com             www.phytorestore.com          www.jardinentouraine.com

www.loir-et-cher.cci.fr       www.biomimicry.eu      www.labourdaisiere.com      www.lebiomimetisme.over-blog.fr

BIO INSPIRATION  :  ENTRETIEN AVEC GILLES BOEUF (document PDF)
PROFESSEUR À L’UNIVERSITÉ PIERRE-ET-MARIE-CURIE
PRÉSIDENT DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE, PARIS.

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  • Radio France Internationale – www.rfi.fr retrouvez les Mardis dans le seul magazine sur l’environnement, pour s’informer avant d’agir, Samedi et Dimanche Paris 89 FM. « C’est pas du vent ! » l’émission d’Anne-Cécile Bras,
  • TerreTv, www.terre.tv, rubrique Mardi de L’Environnement
  • RadioEthic avec Pascale Marcaggi, émission Vert’Ethic rubrique Mardi de L’Environnement
  • Les magazines NéoPlanete et GlobalMagazine.  

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