Mardi de l’Environnement – 5 février 2013

Les pôles sous pression

 

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Ce sont les dernières « terres vierges » de la planète, et sans surprise, elles font l’objet de convoitises qui se multiplient grandement – et qui vont se multiplier encore dans les temps qui viennent. La raison, bien sûr, réside dans le potentiel de ressources qu’elles possèdent. A l’heure actuelle, l’Arctique est à ce titre en première ligne – l’Antarctique est protégé par le protocole de Madrid, signé en 1991, qui interdit toute exploitation des ressources (terrestres) jusqu’en 2048. Mais ce dernier continent n’en reste pas moins déjà l’enjeu d’une compétition pour le krill, laquelle ne pourra que s’intensifier au fur et à mesure que les conditions de pêche s’amélioreront.

Pascal Bolot, préfet, administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), a d’abord évoqué la problématique particulière de l’Antarctique. Une immense zone de 12 millions de km2, longue de 5 500 km, soumise à des conditions météorologiques éprouvante pour les humains, et qui pour l’heure n’est essentiellement fréquentée que par les équipes scientifiques. Quoique se profile déjà la perspective d’une présence touristique significative ( 47 000 touristes en 2009/2010), qu’il faut encadrer, puisque le tourisme n’est pas concerné par le protocole de Madrid , afin de préserver un environnement très fragile. La pêche, dans l’océan antarctique, reste bien limitée – mais Guy Duhamel, directeur du département Milieux et peuplements aquatiques au Muséum national d’Histoire naturelle, grand connaisseur de ce continent, a rappelé que si ces chiffres de la pêche étaient effectivement très faibles (200 000 tonnes de krill et 15 000 tonnes de poisson annuellement), il fallait garder à l’esprit, pour une future exploitation bien plus importante, le fait que le krill constitue la nourriture de base de quantité d’espèces de mammifères marins de cette région du monde. Et à ce titre, le conflit existe entre les pays protectionnistes et les pays exploitants, qui se retrouve sur leur attitudes respectives concernant les projets de créer des aires marines protégées. C’est un organisme international, la CCMLAR, qui gère les droits de pêche. La difficulté réside dans le fait qu’un consensus est nécessaire pour mettre en œuvre les décisions de cet organisme.

Beaucoup de discussions ont donc été consacrées à l’Antarctique, et l’Arctique, pourtant plus exposé, a occupé moins de temps … Laurent Mayet, président de l’ONG Le Cercle Polaire, et conseiller spécial de Michel Rocard (ambassadeur en charge des négociations internationales sur les zones polaires), a rappelé qu’en Arctique, la pêche n’était pas régulée. D’où les tensions, dans cette zone. Mais s’agissant des futures « autoroutes », des passages, qui s’ouvrent de plus en plus entre la banquise pour le commerce maritime, Anne Gallais-Bouchet, chercheur à l’Institut supérieur d’économie maritime (Isemar), s’est voulue rassurante, jointe par téléphone (quand bien même les perspectives réalistes annoncées de trafic peuvent donner des inquiétudes fondées pour l’environnement) : selon elle, il n’y a pas de souci à se faire actuellement… il n’y a eu que 80 passages de navires dans les deux dernières années. L’avenir dira de toutes façons si l’Arctique (et ultérieurement, l’Antarctique) resteront autant que faire se peut préservés, ou si la folie de consommation de hommes les dénatureront à jamais, comme c’est le cas un peu partout dans le monde.

 

 

  • Pour répondre à l’ensemble de ces questions, Patricia Ricard, recevait en tribune les représentants des Terres Australes et Antarctiques Française, de L’Institut polaire français Paul-Emile Victor, du MNHN, du CNRS ,

 En tribune : 

        • Pascal Bolot, préfet, administrateur supérieur des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF),
        • Anne Gallais- Bouchet, chercheur à l’Institut supérieur d’économie maritime ( Isemar) – routes maritimes arctiques,
        • Laurent Mayet , Président Fondateur de L’ONG, Le Cercle polaire, Conseiller Spécial de Monsieur Michel Rocard, Ambassadeur en charge des négociations internationales sur les zones polaires,
        • Professeur Guy Duhamel, Directeur du département Milieux et Peuplements Aquatiques du MNHN,

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