RIO PLUS 20Les espoirs sont grands, pour jeter les bases à Rio, du 20 au 22 Juin, d’une véritable «  gouvernance planétaire du développement durable ». Et la nécessité s’impose, car vingt ans après le Sommet de la Terre de 1992, la prise en compte par l’économie du développement durable, tant global que local, est encore à la peine. Les Etats sauront-ils dépasser leurs égoismes, s’allier à la société civile, aider les pays du sud, pour définir une feuille de route qui ouvre de nouvelles perspectives, c’est toute la question qui sera demandée à la Communauté Internationale.

 

Mardi de l’Environnement – 15 mai 2012

Bien sûr, d’après tous les indicateurs, la prochaine conférence de Rio, vingt ans après la première, ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Les négociations sur le changement climatique sont pour l’instant relativement bloquées, le bilan environnemental (biodiversité comprise) que l’on peut faire après ces vingt années est largement négatif, même si le « bien-être » (accès aux soins et aux ressources, espérance de vie, etc.), a, lui, progressé pour les populations humaines.

Qu’attendre, alors, de cette nouvelle réunion des ONG et des Etats du monde ? « On n’espère pas de décisions spectaculaires » a reconnu Jean-Pierre Burgada, responsable de la Communication des Nations unies pour la France et Monaco (UNRIC, Bruxelles), au Mardi de l’Environnement de mai. « Mais il s’agit de pousser plus avant les objectifs du Millénaire, parce qu’ils représentent des enjeux essentiels. » Ce à quoi lui a fait écho Philippe Ramet, chef du bureau des Affaires globales à la direction des Affaires européennes et internationales du ministère de l’Ecologie. « Rio doit réussir, pour compenser l’échec de la conférence de Copenhague. Il n’y aura pas d’engagements contraignants. Mais sur des questions comme l’économie verte, le cadre institutionnel, c’est-à-dire la gouvernance, du développement durable, une organisation mondiale de l’environnement, nous pouvons avancer. »

L’un des représentants de la société civile qui sera à Rio, Gilles Berhault, président du Comité 21 et du Comité d’orientation du Club France Rio+20, a plaidé pour une « refondation de la gouvernance mondiale » sur ces sujets, qui se nourrirait des apports des ONG nationales, mobilisées dans un but commun. Cette ouverture, ce dépassement des clivages, Pierre Mollo, via Skype, s’en est lui aussi déclaré partisan. Mais avec un axe différent : chercheur en aquaculture, spécialiste du plancton, il a souligné les actions anthropiques néfastes sur le vivant, et considéré qu’il faudrait que la communauté scientifique quitte un peu ses laboratoires pour se retrouver dans les constats partagés sur le terrain.

Le dernier témoignage a accentué cette orientation critique. Gilliane Le Gallic, présidente d’Alofa Tuvalu, qui défend avec passion la cause de Tuvalu, cet archipel du pacifique menacé de submersion, a dressé un constat plutôt négatif de ce qui a été réalisé depuis la première conférence de Rio ; elle ne croit pas davantage aux chances de la prochaine réunion. Pour elle, la voie à suivre serait, non pas d’organiser de grandes rencontres internationales, mais « de favoriser le travail de base des citoyens pour défendre l’environnement, ici et maintenant, car demain il sera trop tard. » On ne pourrait que lui donner raison sur ce dernier point. Les décisions majeures, toutefois, sont dans la main des Etats. Sauront-ils, à Rio, dépasser leurs propres égoïsmes ?

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