06/01/2009

En ville, en tout cas … Car les hommes souffrent de plus en plus des pressions et des pollutions qu’ils infligent à leur environnement citadin. Depuis plusieurs années, ce dossier est considéré comme prioritaire, et les moyens accordés sont à la mesure de l’enjeu. Donc, les résultats suivent. On peut, aujourd’hui, dresser des bilans dont plus d’un est satisfaisant, même si un gros travail reste à faire. Le thème du Mardi de janvier était naturellement consacré à ces questions.

En ouverture des débats a été projeté le film de Sylvie Carlier (AlmaViva Productions), « Quel air est-il en Ile-de-France ? », patronné par AirParif, le réseau spécialisé de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France. Confirmant les constats de ce film, le directeur d’AirParif, Philippe Lameloise, a souligné qu’un réel engagement de tous les acteurs concernés permettait aujourd’hui d’envisager favorablement l’avenir, même si l’étendue des pollutions exigeait de ne pas relâcher les efforts. Son alter ego, Andrée Buchmann, présidente de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, a parlé très précisément des pollutions « intérieures », dans les bâtiments. En relevant notamment que le monoxyde de carbone est responsable en France annuellement de 300 décès et de 6 000 intoxications. Elle a, au moyen de diapositives, décrit les principales pathologies, dont le syndrome des bâtiments malsains, et exposé les détails d’une campagne nationale actuellement lancée pour améliorer la qualité de l’air des logements.

Pour le politique Denis Baupin, adjoint au Maire de Paris, le problème de la pollution automobile devait être pris à la source : il a donc œuvré pendant sept années sur l’amélioration de la mobilité et des déplacements à Paris, en favorisant les transports collectifs. Ainsi, c’est 1 million de places de transports collectifs par jour qui ont été gagnées en 2008 par rapport à 2001, avec 450 000 déplacements en voiture en moins, et une réduction de 32% des taux de dioxyde d’azote. Denis Baupin est également lancé sur un autre projet d’importance, dont il a exposé les grandes lignes, celui de la rocade de métro en grande banlieue.

Et puis la nature en ville, et dans les zones péri-urbaines, ce sont aussi la faune, la flore et les écosystèmes. Catherine Ribes, directrice adjointe de NatureParif, l’agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile-de-France, a présenté les missions de son organisme. Elle a estimé que la préservation de la biodiversité en amont des projets d’implantations et d’infrastructures devrait être la règle générale. En Ile-de-France, il y a un grand nombre de « hot spots » (des habitats particulièrement riches en espèces), mais ceux-ci sont largement fragmentés. D’où la nécessité de créer des corridors écologiques (dans le droit fil du Grenelle de l’environnement). Le sujet sera à l’ordre du jour du colloque qu’organise NatureParif au Muséum National d’Histoire Naturelle les 28 et 29 avril prochain.