02/12/2008

Le sujet programmé par les Mardis de l’Environnement, le 2 décembre, était la recomposition du paysage des médias, à la faveur des nouvelles technologies et des changements dans les professions concernées. De cette recomposition, certes, il en a été question, mais les intervenants à la tribune, tous spécialistes, peu ou prou, des thèmes d’environnement, ont surtout évoqué leur cadre professionnel, axé en grande partie, justement, sur ces thèmes. Ces témoignages ont donc été enrichissants, car s’ils étaient moins synthétiques que ceux auxquels le sujet proposé pouvait s’attendre, ils l’ont rejoint sur beaucoup de plans.

En prélude, par téléphone, Jean-Paul Jaude, auteur du film « Nos enfants nous accuseront », a donné son sentiment sur l’accueil très favorable du public pour son travail, reflétant une sensibilisation de plus en plus grande pour les problèmes de sécurité alimentaire. Puis Jean-Yves Casgha, responsable de Terre TV, a souligné la grande nouveauté introduite par la télévision sur internet. Selon lui, cette technologie fonctionne comme une banque d’images actionnée par l’internaute. Elle est promise à un fort développement.

Jean-Michel Rodrigo, réalisateur, a mis l’accent sur le public, à qui l’on propose maintenant quantités de supports d’information et de divertissement. Il a évoqué son expérience d’accompagner des films lors de séances ouvertes à la discussion, d’établir (contrairement aux écrans de toutes sortes) un contact direct avec les spectateurs. Il pense que le documentaire « réinvestit le champ occupé précédemment par le cinéma » un peu partout en France, dans les salles de projection, dans les centres culturels, etc. Mais pour le documentaire, le principal marché est d’abord la télévision. Et se tournant vers Gilles Maugars, directeur du Développement durable de TF1, Jean-Michel Rodrigo a relevé qu’à ce titre, il y avait une certaine faiblesse de qualité, alors que le public était bien plus capable qu’on ne le pense de comprendre des messages portés par des documentaires. Lui répondant, Gilles Maugars a tout d’abord rappelé l’effort de TF1 en faveur du développement durable, avec 500 sujets par an sur ce thème dans les journaux télévisés, en sus d’émissions spécifiques. Mais il lui semble difficile de faire plus. Car sur le fond, sa position était sans équivoque : « Le développement durable n’est pas un thème de divertissement, et le divertissement représente une bonne part de la mission de TF1 ».

Bien sûr, les grandes chaînes télévisées doivent « faire de l’audience », car seule l’audience attire la publicité, laquelle finance les programmes mis en œuvre. Cela n’empêche pas de nouvelles émissions consacrées à l’environnement de trouver leur place, comme celle de Yann Arthus-Bertrand. Et Olivier Milhomme, son collaborateur chargé d’écrire les textes, a rappelé que « Vu du ciel » rassemblait une moyenne de 4,5 millions de téléspectateurs. Et se voulant positive, Dominique Martin-Ferrari, pour Gaia Network, a estimé que le développement durable, dont il a été beaucoup question au cours de cette soirée, était finalement souvent évoqué, parce que c’était une « notion transversale » présente dans l’économie, le social, l’écologie, la culture…