02/03/2004

L’Europe prend conscience maintenant de l’urgence à appliquer une politique de l’eau commune à tous les Etats-membres. Un accord a donc été réalisé sur une nouvelle orientation à suivre : c’est la directive cadre sur l’eau, acquise en 2000, et qui se met progressivement en place , non sans difficultés. Le sujet est naturellement important et pour en parler, avaient été invités, le 2 mars, Bernard Barraqué, président du Comité national français du programme hydrologique international de l’Unesco ; Gaëtane Suzenet, de l’agence Water UK de Bruxelles ; Yann Laurens, économiste à l’Agence de l’eau Seine-Normandie ; et Michel Meybeck, directeur de recherche au CNRS.

Cette directive sur l’eau doit remplir trois critères généraux, qui ont été rappelés par Bernard Barraqué : maintenir une bonne qualité du milieu (d’où provient l’eau) ; respecter les coûts d’exploitation et de commercialisation ; faire accepter le système par les utilisateurs. Ce qui doit se traduire, en pratique, respectivement, par trois inflexions par rapport à l’état des choses actuel : améliorer l’état du milieu, et ceci demandera, à partir d’aujourd’hui, une quinzaine d’années pour que le bilan global puisse être considéré comme satisfaisant ; faire payer par les consommateurs le coût complet des services de l’eau ; et mettre en place une politique de l’eau  » transparente « , à tous les niveaux.

Ces points ont été développés par les autres intervenants. Michel Meybeck a dressé un tableau du  » bilan de santé  » de la Seine. Voilà un milieu très affecté par les pressions anthropiques, et qui fait l’objet, depuis les années 1970, de programmes de réhabilitation. De nets progrès ont été mais la contamination en métaux reste très élevée. Yann Laurens s’est interrogé sur l’aspect financier du dossier et sur l ‘augmentation attendue du prix à payer pour les utilisateurs :  » La société peut-elle à la fois supporter le vrai coût de l’eau et les dépenses importantes pour renouveler le matériel de traitement ? « .

Gaëtane Suzenet a dressé un historique de la directive, qui a été initiée sur l’impulsion, semble-t-il, de la Grande-Bretagne, en 1995. Presque dix ans, donc, depuis le lancement des travaux sur cette réglementation. Un long délai, qui s’explique notamment par les questions essentielles qui se posent aux niveaux écologique et politique. D’une part, les études sur les milieux et les espèces sont loin d’être complètes dans les pays membres de l’Union européenne… ce qui signifie que la directive a été adoptée en l’absence de certitudes écologiques. D’autre part cette directive introduit un changement fondamental par rapport aux politiques sur l’eau antérieures, qui étaient contrôlées par les Etats. Elle laisse son application aux acteurs locaux, les Etats n’ayant plus qu’une tutelle assez lointaine. L’avenir dira si cette orientation est réaliste, et si les consommateurs seront bien les bénéficiaires du nouveau système Ponctuant ce Mardi de l’Environnement où le public était venu en masse, Dominique Brouard a présenté l’Institut francophone de formation au cinéma animalier, qui ouvrira ses portes à l’automne prochain. Une première en France, cet institut est créé dans le cadre de l’université de Poitiers, à Ménigoute (Deux-Sèvres). Dominique Brouard et son épouse Marie-Christine sont les fondateurs du Festival du film ornithologique de Ménigoute et animent la société FIFO, qui assure la distribution de films sur la nature.