06/01/2004

De toutes parts proviennent des témoignages de la détérioration de l’état de la planète. De plus en plus, aussi, des directions sont esquissées, des programmes sont élaborés, pour réduire cette fracture entre les hommes et leur environnement. Yves Cochet, ancien ministre de l’Environnement, et Agnès Sinaï, journaliste et réalisatrice, proposent, à leur tour, leur diagnostic et leurs solutions. Ils se sont associés pour écrire un livre,  » Sauver la Terre  » (Fayard) et le 6 janvier, ils étaient ardis pour en parler.

Bien sûr, l’actualité ne manquait pas, ce qui a fourni une raison supplémentaire pour rendre le débat très animé – les questions de la salle ont bien manifesté tout l’intérêt porté au thème de la soirée. Yves Cochet et Agnès Sinaï ont participé au sommet de Johannesbourg, l’an dernier. Ils en ont été déçus :  » beaucoup de rencontres et de discussions, mais peu de résultats concrets  » a estimé l’ancien ministre. D’où l’idée d’écrire ce livre.

Yves Cochet a d’abord rappelé quelques données trop souvent oubliées. En particulier, y a souvent une contradiction entre ce qui serait nécessaire pour résoudre durablement un problème et ce que les populations humaines seraient prêtes à accepter comme sacrifices (ce qui se traduit surtout par des modifications des comportements de consommation). D’où la nécessité de faire comprendre que les enjeux sont planétaires, et que les solutions ne peuvent être que communes, afin de sauvegarder le capital naturel, dans une optique résolument volontariste :  » le principe d’espérance et le principe de responsabilité sont nécessaires à chacun pour mener à bien les combats essentiels  » a souligné Agnès Sinaï.

L’une des problématiques majeures de la crise est celle de l’énergie. Elle a largement été évoquée par les deux orateurs. Le protocole de Kyoto sur la limitation des gaz à effet de serre (induits par les résidus des énergies fossiles) est plutôt mal en point, et pourtant il représente une solution adaptée atastrophes environnementales majeures. L’Inde et la Chine devraient être les pays utilisant les produits et les matériels les plus polluants dans un avenir proche. La raison l’emportera-t-elle ? Yves Cochet a mis en avant la responsabilité déterminante de la Russie (sans parler de celle des Etats-Unis) à cet égard. Et il a poursuivi en traitant longuement du couple  » infernal « , celui du pétrole et du nucléaire. Les réserves mondiales de pétrole, à l’exception de celles du Moyen-Orient, déclinent.

Vers 2010, nde devrait être supérieure à l’offre,  » et l’on peut s’attendre à un choc pétrolier gigantesque.  » Les conséquences ?  » en 2030 il n’y aura plus d’aviation civile commerciale, en raison du prix du pétrole, et aussi bien, l’agriculture comme l’industrie devraient être largement freinées.  » Le nucléaire ne peut prétendre à remplacer les énergies fossiles. Il n’assure que 5 à 6% de l’énergie du monde, et les risques environnementaux et politiques ( » la moitié des Etats, dans le monde, sont des dictatures, donc comment accepter qu’ils développent une industrie nucléaire ?  » s’est interrogée Agnès Sinaï) de cette technique sont tels qu’il ne faut pas compter sur elle pour résoudre la question énergétique. Alors, les énergies  » propres « , écologiques, comme l’énergie éolienne ? Tant Yves Cochet qu’Agnès Sinaï n’ont fait qu’esquisser cette direction, le temps avait passé vite lors de ce Mardi, mais à l’évidence, elle avait leurs faveurs.