06/02/2007

On en parle beaucoup actuellement, il y a un « effet de mode », mais pour cette fois cette « mode » est justifiée. Car les problématiques du réchauffement climatique sont très préoccupantes et de plus en plus elles quittent le seul domaine des experts pour pénétrer sur la place publique – vous et moi, chacun étant bien sûr concerné. Tous les spécialistes présents à la tribune du Mardi de l’Environnement de février étaient bien d’accord sur ce point. Et sur cet autre, non moins décisif : les perturbations climatologiques que le monde connaît depuis plusieurs décennies sont largement imputables aux activités humaines.

Jean-Claude Gazeau, président de la Mission interministérielle Effet de serre au MEDD, a rappelé les travaux du GIEC, et la pertinence des évaluations de cet organisme pour les temps à venir ; ainsi que la récente conférence de Paris et la proposition française, impulsée par le Président Chirac, de créer une ONU de l’Environnement . Plusieurs diapositives très explicatives sur l’effet de serre ont ensuite été présentées par Jean-Pierre Tabet, expert de l’Ademe. Il a notamment relevé que les consommations d’un ménage français , c’est à dire une moyenne de 2,4 personnes, dégageaient en 2002 l’équivalent de 16,4 tonnes de CO2 par an. Il a aussi détaillé les outils d’interventions publiques contre le réchauffement.

Avec Gilliane Le Gallic, « héraut » de Tuvalu, cet archipel pacifique menaçant de disparaître sous la montée des eaux, ce sont des images récentes qui ont été présentées. Elles montrent bien que les inondations (causées fort probablement en partie par le réchauffement au niveau de la zone) mettent en jeu de plus en plus la survie de la population. Alain Grandjean, auteur de « Le plein s’il vous plaît » (Ed. Eyrolles), a estimé que les gaz à effet de serre sont largement dus aux usages domestiques et que pour les réduire il fallait , par des taxations, faire baisser la consommation. S’en est suivie une sorte de parenthèse, mais reliée tout de même aux questions à l’ordre du jour, avec Alain Gioda. Dans son livre, « Des Andes à l’Amazonie » (co-édition Ginkgo et l’IRD), il a décrit les changements climatiques depuis le petit âge glaciaire (1300-1850). Enfin Eric Eustache, de l’association Planète Urgence, a mis l’accent sur l’importance des programmes d’aide aux populations démunies des pays en développement, programmes qui sont d’autant plus indispensables que les bouleversements climatiques affectent déjà sévèrement – et affecteront encore plus – ces populations.