01/03/2011

TCHERNOBYL, CE N’EST PAS FINI

L’accident de la centrale de Tchernobyl, il y a 25 ans, a souligné les risques de la contamination nucléaire pour les hommes et l’environnement.

La leçon a-t-elle été comprise en Biélorussie, et le traitement sanitaire des populations touchées est – il à la hauteur des enjeux ?

Des associations, des chercheurs se mobilisent pour aider les populations, en France, sait – on éviter à l’avenir de telles catastrophes ?

Notre sujet s’avère malheureusement d’actualité avec la catastrophe actuelle vécue au Japon.

Un hiver nucléaire qui n’en finit pas

Il s’agit bien sûr de la catastrophe survenue dans la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, il y a 25 ans. Avec ses conséquences dramatiques. La situation technique sur place est loin d’être normalisée, les gouvernements concernés sont loin de consacrer les efforts nécessaires pour les populations touchées par les radiations, et tout se passe comme si l’épisode tendait à être banalisé.
Un point d’histoire, tout d’abord. Au moment des faits, Jean-Claude Zerbib était ingénieur à Saclay. Joint au téléphone, le 1er mars, il a raconté la réaction de sa hiérarchie à l’annonce de l’explosion : tout a été fait, selon lui, pour minimiser l’importance des dommages. De plus, il estime que les deux organismes spécialisés en France dans la supervision des risques nucléaires, l’ISPN et le SCPRI, ont systématiquement bloqué les informations nécessaires aux médias. Et Jean-Claude Zerbib de rappeler, également, que suivant l’avis officiel, le nuage de radiations se serait arrêté aux frontières de la France … A cette époque, aussi bien, Michèle Rivasi (aujourd’hui député européen) n’était pas spécialement active dans ce secteur du risque nucléaire. C’est l’accident qui l’a incitée à fonder le CRIIRAD, un laboratoire indépendant, qui est devenu un organisme incontournable pour ces questions. Aujourd’hui, elle constate qu’un long travail reste à faire en France : « Il a fallu vingt ans pour mettre en examen le professeur Pellerin, à l’époque le principal responsable de la gestion de la crise dans notre pays. » Et de souligner que les conséquences sanitaires se font toujours sentir, notamment en Corse, qui a évidemment été touchée par les radiations : « Il y a un très grand nombre de cancers de la thyroïde en Corse, et il n’y a jamais eu d’études épidémiologiques. » Michèle Rivasi a visité le site de Tchernobyl récemment et constaté que les installations largement financées par l’Europe étaient inopérantes … alors que 5 millions de personnes continuent à vivre dans les zones contaminées. Elle s’est déclarée partisane de réorienter l’aide vers les populations.
C’est ce que font déjà nombre d’associations, de plusieurs pays. Mais ce n’est pas suffisant.
Néanmoins, deux témoignages, pour la France, ont donné à réfléchir, lors de ce Mardi de l’Environnement. Yves Lenoir anime l’association « Enfants de Tchernobyl – Belarus » (Belarus étant le nom biélorussien de la Biélorussie, un des pays touchés). Il a d’abord dénoncé ce qu’il pense être l’ « Omerta » des autorités ukrainiennes et des autres concernées, parce qu’elles laissent sous silence tous les problèmes de pathologies liées à la catastrophe, ou les minimisent. Mais cela va plus loin. La gestion de la situation donne lieu à des rapports, demandés par l’ONU, mais l’organisme international ne peut avaliser ces rapports que s’ils ont été avalisés par les gouvernements en cause… Sur le terrain, malgré tout, une aide est fournie, à la hauteur des moyens financiers que peut dégager l’association. Et en France, elle trouve aussi des formules pour prolonger cette aide : 200 enfants contaminés et par ailleurs provenant de familles défavorisées y sont accueillis, en Alsace, tous les ans. Daniel Reininger, responsable de l’opération, a regretté qu’aucun financement institutionnel ne l’accompagne. Et d’indiquer également que l’un des problèmes majeurs restant à résoudre dans la zone de Tchernobyl était celui de la contamination persistante de la nourriture, qui ne fait que prolonger les effets de la catastrophe sur les jeunes générations, en particulier, qui n’étaient même pas nées à l’époque.
Avec cet autre drame, celui de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, à la suite du tremblement de terre et du tsunami survenus en mars, il est sûr que toutes ces questions interpellent et demandent vraiment que les responsabilités des acteurs en charge des dossiers nucléaires soient revues – dans le sens d’une prise en compte nettement augmentée des risques.

Pour répondre à l’ensemble de ces questions Patricia Ricard recevait,

 

  • Yves Lenoir, Président de L’Association « Enfants de Tchernobyl Belarus »,
  • Michèle Rivasi, Député européen, Fondatrice de la CRIIRAD,
  • Roland Desbordes, CRIIRAD,
  • Jean-Claude Zerbib, Ingénieur en Radio Protection (Ancien du CEA), Aujourd’hui, Expert indépendant sur le site de La Hague,
  • Daniel Reininger, Famille d’accueil en Alsace, pour l’association « Enfants de Tchernobyl Belarus »

« Retrouvez les invités des Mardis de L’Environnement dans C’est pas du vent !  l’émission d’Anne-Cecile Bras sur RFI, le seul magazine quotidien sur l’environnement, pour s’informer avant d’agir» , de 11h10 à 12h

www.rfi Paris 89 FM.

Sur www.radioethic.com

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