08/09/2009

différences d’appréciation. Voire des divergences sur l’opportunité de mettre en place telle ou telle mesure, en fonction de calendriers jugés prioritaires par rapport à d’autres. Mais dans l’ensemble, les intervenants à la tribune du Mardi, le 8 septembre, ont tous montré qu’ils considéraient le dossier « mer » de la France comme suffisamment important pour faire l’effort de trouver des terrains d’entente sur le fond. Il s’agissait pour eux de témoigner de leur participation au Grenelle de la Mer, et donc d’estimer l’état des avancées (et des blocages) de cette « mise à plat » des problématiques, et plus largement, de donner leur avis sur la politique maritime de la France.

Responsable de l’Environnement, de l’Energie et du Développement durable à la mission de l’Union pour la Méditerranée à la Présidence de la République, Antoine-tristan Mocilnikar a commencé par détailler les grands options gouvernementales choisies pour « faire bouger les lignes », suivant son expression. Cela concerne en particulier les postes budgétaires dégagés pour le secteur de la pêche, la décision de transformer, à l’horizon 2020, 20% des espaces marins français en aires protégées, la volonté présidentielle de faire demander à la prochaine CITES le classement du thon rouge en statut de protection, le lancement de l’Union pour la Méditerranée, la ratification du protocole sur la gestion intégrée des zones côtières.

Naturellement, ce catalogue de mesures ne prétend pas solutionner tous les problèmes ; et en tant que tel, il peut être interprété avec des nuances… Ce qu’a pu faire par exemple Charles Braine, du WWF-France, qui a insisté sur l’urgence, selon lui, à stopper le déclin du thon rouge, et à envisager des mesures non moins urgentes pour le secteur de la pêche. Il a rappelé que ce secteur occupe 20 000 emplois en France, mais que les prises sont de 7 à 8 fois inférieures à ce qu’elles étaient il y a un siècle. Le représentant d’une autre ONG, la fondation Nicolas Hulot, Ludovic Frère, a évoqué plus spécifiquement les thématiques du Grenelle de la Mer. Comme Jacky Bonnemains, de Robin des Bois. Ce dernier a axé son intervention sur le transport maritime, selon lui le « parent pauvre » du Grenelle. Et il a parlé abondamment des points qui devraient être davantage à l’ordre du jour des préoccupations : la lutte contre les pavillons de complaisance ; la nécessité pour la France de ratifier certaines conventions internationales dans le domaine maritime ; l’importance du démantèlement « propre » des navires ; la nocivité pour la biodiversité marine des projets de ports off-shore ; les déchets en mer, etc. De la salle, Francis Vallat, président de l’Institut français de la mer, lui a répondu sur la plupart de ces points, arguant de la responsabilité dont fait preuve, selon lui, la profession du transport maritime, et de son souci de trouver des accords avec tous les partenaires concernés, ONG comprises.

Dernier à s’exprimer, mais non le moindre, Jacques Rougerie a présenté un film sur son projet de plate-forme marine dérivante Sea Orbiter. Un projet d’envergure internationale, qui bénéficie de l’appui du gouvernement français, et dont la construction, qui doit débuter à l’aube de 2010, doit mener à une mise à l’eau un an plus tard. Jacques Rougerie, architecte, a été récemment nommé à l’Institut de France. De la pléiade de ses projets, outre Sea Orbiter, il a aussi décrit celui des constructions sous-marines qui doivent être réalisées à Alexandrie, en Egypte, et son film en montrait les principaux aspects.