06/04/2004

Situé dans le Pacifique sud, l’archipel de Tuvalu risque d’être submergé par les eaux d’ici 50 ans. Ce serait la première victime collective du réchauffement climatique. Un exemple frappant des risques qui sont maintenant perçus des dérèglements de la planète, dus à l’homme. Le sujet était bien indiqué pour le Mardi de l’Environnement d’avril.

Dans la salle, sion et l’intérêt. Pour en parler étaient présents Gilliane Le Gallic, productrice du film  » Nuages au paradis  » (diffusé sur Planète Future le lendemain 7 avril), Marc Gillet, directeur de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), Jean-Paul Rebert, directeur de recherche à l’IRD et Hervé Letreut, directeur du Laboratoire de météorologie dynamique (LMD).

Gilliane Le Gallic, qui a effectué plusieurs séjours à Tuvalu, a décrit avec toute la clarté nécessaire le problème humain : cet archipel est constitué de 9 îles, n’occupant que 26 km2, mais peuplé de 11 000 habitants ; l’émigration est a priori impossible vers les terres voisines, celles de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, ces deux pays n’ayant fourni jusqu’à présent que des réponses dilatoires ou franchement négatives aux propositions de déplacement des Tuvaliens. Jean-Paul Rebert a mis l’accent sur les caractéristiques géologiques de l’archipel. C’est un atoll au dernier stade de son évolution, ce qui signifie que la masse d’origine volcanique se tasse. Même si la barrière de corail croît naturellement, donc s’élève, elle est réduite régulièrement par les dégradations anthropiques et le blanchiment. En conséquence, le sol de l’île s’enfonce …

Le niveau de la mer augmente de 4 mm par an, ce qui est beaucoup. De plus, la région est sujette aux cyclones, qui provoquent des raz-de marée et dévastent l’archipel. Les effets du réchauffement climatique ont été décrits par Marc Gillet, qui a dressé de sombres perspectives pour les temps à venir, à l’aide notamment de graphiques. Ils montrent que d’ici à 2100, les températures estivales (et hivernales, aussi bien) doivent continuer à être supérieures à celles que l’on a connu jusqu’à un passé récent. La fonte des glaciers devrait s’accélérer et dans le monde, des réactions en chaîne devraient se produire, se traduisant par une dégradation générale des rythmes climatiques.

Hervé Letreut a souligné un point important des nuisances anthropiques, qui a des effets sur ce réchauffement : la libération dans l’atmosphère de substances néfastes pour la vie sur terre. Le CO2 demande un siècle pour être éliminé naturellement et le méthane, plusieurs dizaines d’années. Ces témoignages confirment, si besoin était, que le sort de Tuvalu nous concerne bien. Mais en France, comme l’a rappelé Marc Gillet, il n’existe pas (encore ?) de programme destiné à s’adapter et à lutter contre le réchauffement climatique.