LES FRONTIERES DU COURT

ATELIER PRODUCTEURS ET REALISATEURS

 

Le Vendredi 4 novembre de 15h à 17h15

 

Le documentaire d’environnement, quelles perspectives ?

En présence de Pascale Joannot, Présidente 2011, docteur en océanographie spécialiste des récifs coralliens et actuellement déléguée à l’outre-mer au Muséum.

 

Cet atelier se propose de faire le point sur l’actualité et les problématiques du secteur du documentaire d’environnement. Il sera animé par les professionnels eux-mêmes, producteurs et réalisateurs, qui confronteront leurs  points de vue et expériences, et proposeront les mesures qu’ils jugent souhaitables pour développer ce secteur, Six points d’examen sont prévus ( mais sans exclusive) pour cet atelier :

1)     Présentation pour chacun des participants de ses productions et des projets en cours,

2)     Les aides à l’écriture

3)     Les aides à la production

4)     Les relations avec les organismes de tutelle

5)     Les relations avec les diffuseurs

6)     Ce qu’il faudrait changer

Un Compte Rendu détaillé de l’atelier, sous forme de manifeste, ou de « Livre Blanc » sera adressé au Bureau du Cinéma au Ministère de L’Ecologie, au Centre National du Cinéma, aux Directions en Région D’Aide à l’Ecriture et à la Production, Au Syndicat des Diffuseurs, afin de susciter des réunions de travail  avec ces organismes de référence pour la mise en œuvre des mesures qui auraient été évaluées au cours de l’atelier.

 

 

 

 

Sont inscrits,

–           Catherine Pelletier – Productrice, Michel Huet – Réalisateur- Producteur,

–           Jean-Yves Collet- Réalisateur – Producteur,

–           Marti Georgeff- Productrice – Distribution,

–           Patrice Richard, Muriel Barra – Productrice, – Réalisateur,

–           Pierre Meynadier –  Réalisateur – Producteur,

–           Florent Cadé, Réalisateur – Producteur,

–           Christine Della- Maggina – Producteur,

–           Dominique Roberjot – Réalisatrice,

–           Brigitte Surugue – Poher, responsable de Production à L’IRD Audiovisuel,

–           Bruno Vienne . Dominique Martin Ferrari, Réalisatrice Productrice.

 

L’atelier Producteurs et Réalisateurs

 

Le documentaire d’environnement, quelles perspectives ?

Il a réuni, le 4 novembre, à l’auditorium de la médiathèque L’Alcazar, Catherine Pelletier, productrice ; Muriel Barra, productrice ; Dominique Martin Ferrari, réalisatrice-productrice ; Michel Huet, réalisateur-producteur ; et Bruno Vienne, réalisateur.

Chacun des participants a d’abord exposé sa trajectoire professionnelle, ce qui constituait une bonne entrée en matière pour les points de discussion qui allaient suivre.

 

Dominique Martin Ferrari a pris des virages importants au cours de sa carrière, commencée il y a longtemps, lorsque le panorama du documentaire d’environnement était réservé presque uniquement au film animalier. « Il n’y avait rien sur les thématiques de Rio et du développement durable » a-t-elle rappelé. Elle a ensuite lancé plusieurs productions sur ces thématiques, puis créé la chaîne Gaïa sur la 5. A la suite d’une restructuration de France Télévisions, elle a arrêté cette chaîne en 2002 et lancé une autre sur internet, Gaïa Network.

 

Muriel Barra travaille de concert avec son mari réalisateur Sylvain Braun. Les deux animent Lato Sensu Productions, depuis 10 ans. Ils privilégient le développement durable, décliné en trois pôles : l’économique, le social, l’environnemental. Ils considèrent qu’ils ont des messages importants à faire passer dans leurs films – bien que regrettant la réticence de certaines chaînes de télévision à diffuser des documentaires d’information écologique.

 

Michel Huet. C’est un vieux routier. D’abord enseignant, puis réalisateur de quelque 200 émissions naturalistes tournées pour France 3 à partir de 1994. Il prépare actuellement une autre série du même type pour Canal +. Il a été choisi par le parc national de Guyane pour jouer le rôle de conseiller pour les projets de films sur le parc. Il vérifie ainsi la pertinence des motivations des équipes de tournage qui veulent travailler dans le parc, et leur fournit les contacts souhaitables …

 

Bruno Vienne. Il a commencé lui aussi dans le cinéma animalier, puis s’est orienté progressivement vers le développement durable. Une longue carrière, déjà, avec une quarantaine de films à son actif, parmi lesquels sont très connus « Le peuple singe » et « Mon royaume pour un cheval. »

 

Catherine Pelletier, comme Muriel Barra, forme équipe avec son mari, François-Xavier Pelletier, ethnologue de formation et réalisateur. Le couple est très pénétré du questionnement présenté par les peuples autochtones dans le monde, de leur culture, de leur survie. Ils suivent, par exemple, la communauté Moana, depuis 25 ans. Loin de ce qu’ils appellent « la pipolisation » des thèmes du documentaire, ils travaillent dans la durée, même si cela se traduit par des difficultés.

Ouvrant le débat, Dominique Martin Ferrari a insisté sur un événement majeur qui s’est produit dans les temps récents, une restructuration de la profession, qu’elle estime avoir découlé d’une initiative du gouvernement visant à demander aux chaînes publiques de faire appel, pour les documentaires d’environnement, à de grandes entreprises du secteur, au détriment des petites – comme la sienne, par exemple. Une initiative qui était légitimée par le souci d’affronter la concurrence internationale. « Le côté artisanal de la profession disparaît », a-t-elle estimé. Ce point de vue n’était pas tout à fait celui de Muriel Barra, qui « tient depuis huit ans », et qui considère que la profession, justement, dispose, avec de nouveaux outils comme internet, de moyens abordables à tous pour promouvoir la créativité.

La question de la diffusion est donc venue très vite dans la discussion. C’est un point-clé, puisqu’il conditionne tout projet de film. Catherine Pelletier, de son côté, a souligné que ce qui devrait changer à cet égard, ce sont les règles d’accès aux diffuseurs ; elles devraient être assouplies. Et pour Bruno Vienne, les grilles de programme des chaînes imposent trop souvent au producteur/réalisateur un format dans lequel il doit couler le film, ce qui peut réduire la créativité.

De toutes façons, il existe plusieurs possibilités pour tourner les difficultés quand elles se présentent avec des partenaires de l’hexagone. Notamment faire appel à des partenaires étrangers. C’est le cas de Lato Sensu Productions, qui se tourne aussi davantage vers les petites chaînes de télévision, car, a relevé Muriel Barra, « elles sont prêtes à prendre davantage de risques que les grandes. » Ce qu’a confirmé Catherine Pelletier, même en regrettant qu’en région, en France, ces petites chaînes ne jouissent pas de la même réputation que les grandes.

Marie-Pierre Cabello, Présidente de la S.E.R.E., qui était présente au débat, a fourni un éclairage complémentaire sur cette question de la diffusion. En relevant que de grandes institutions ou des organismes, comme l’IRD ou le ministère de l’Ecologie, ont maintenant des cellules de production de films, et peuvent donc se passer de réalisateurs extérieurs : la concurrence dans le secteur joue là aussi. Et cela prouve en tout cas que les questions d’environnement et d’écologie sont de plus en plus considérées comme importantes, d’où ce besoin de communication. Ainsi, Pascale Jouannot, la présidente des Frontières du Court 2011, a précisé que l’établissement dont elle dépend, le Muséum, est engagé dans une politique active de partenariat avec des équipes pour faire réaliser les documentaires présentant ses actions. Elle touchait là un point sur lequel Dominique Martin Ferrari n’a pas manqué d’intervenir, en souhaitant que les réalisateurs/producteurs soient davantage informés des missions scientifiques ayant trait à l’environnement, afin de proposer des films sur ces missions.

On le voit, cette profession du documentaire d’environnement ne manque pas de soucis, mais elle est aussi très active, et ne demande qu’à l’être un peu plus, à condition que les règles du jeu soient un peu modifiées…

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