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Evénements

. COP 24 : résultats en demi-teinte. La dernière conférence pour le climat, qui s’est tenue du 2 au 15 décembre à Katowice (Pologne), a été marquée par des engagements formels, mais
par peu de décisions effectives. Sur le plan des acquis, il faut noter le consensus des 197 pays
participants à mettre en œuvre l’accord de Paris de 2015 : consensus sur les règles prévues
d’application de cet accord (ce qui a été appelé le rulebook) pour qu’il soit effectif en 2020, et
notamment sur les règles de transparence, permettant de vérifier si les Etats respectent leurs
engagements. La Chine et plusieurs pays en développement ont fini par accepter ces dernières
règles, après plusieurs tensions avec les Etats-Unis et d’autres pays développés. Le cadre les
fixant sera mis en place à partir de 2024, avec, toutefois, des exceptions possibles pour les
pays ayant peu de moyens techniques et financiers. Mais sur le plan des décisions, peu de
chose. Les pays ont insisté sur « l’urgence d’une ambition accrue », mais n’ont pas réussi à
« accueillir favorablement » le rapport le plus récent du GIEC, qui décrivait les changements
dramatiques pour la planète si la température dépassait 1,5°C de réchauffement, et qui pressait
les Etats à diviser par deux leurs émissions d’ici à 2030 (ce qui signifie que ce rapport n’a pas
été avalisé). Sur le plan des financements, certes, la Banque mondiale a annoncé, le 6
décembre, qu’elle entendait mobiliser 200 milliards de dollars entre 2021 et 2025 pour le
climat (soit deux fois plus que son engagement au lendemain de l’accord de Paris). Mais les
pays du Nord, à la conférence de Katowice, ont promis de ne transférer aux pays du Sud que
100 milliards de dollars, et cette somme inclut les prêts, et de toute façon elle est considérée
comme insuffisante par les pays en question. En ce qui concerne l’impulsion de la conférence,
il semble bien que l’on ait assisté à un certain manque de mobilisation des Etats-Unis, de la
Chine et de l’Union européenne, le tandem France-Allemagne étant de son côté quelque peu
en panne. La prochaine COP, la 25 ème , aura lieu en 2019 au Chili.
. Les émissions mondiales de CO2 repartent à la hausse. La production de dioxyde de
carbone issu de la combustion de ressources fossiles, à laquelle s’ajoute celle des cimenteries,
devait s’élever en 2018 à 37 milliards de tonnes, soit + 2,7% par rapport à 2017. A ce chiffre
il convient d’ajouter les émissions liées à la déforestation et aux changements dans
l’utilisation des sols, ce qui porte le total à 41,5 milliards de tonnes. Cette hausse s’explique
par l’accroissement de la consommation de charbon, qui est essentiellement le fait de la Chine
et de l’Inde ; et aussi par la consommation de pétrole et de gaz, d’une manière générale, qui
est tirée par l’activité économique, encore très dépendante de ces sources d’énergie. La Chine
reste le plus gros pollueur, avec 28% du total mondial ; suivent les Etats-Unis (15%), l’Inde
(7%), la Russie, le Japon, l’Allemagne, l’Iran, l’Arabie saoudite, la Corée du sud et le Canada.
La France occupe la 19 ème place.

. Les passages s’ouvrent en Arctique. Pour la première fois, entre fin août et fin septembre,
un navire porte-conteneurs a relié Vladivostok à Saint-Pétersbourg, par le passage arctique du
nord-est. Il a bénéficié d’une hausse forte des températures dans cette région du monde durant
l’été. Avec les autres passages, celui du nord-ouest, et la transpolaire, entre les deux premiers,
ces nouvelles voies de communication offrent des perspectives intéressantes pour le
commerce mondial, permettant de raccourcir considérablement les délais de navigation entre
l’océan Atlantique et l’océan Pacifique. Toutefois les spécialistes estiment qu’il ne faut pas
s’attendre, au moins dans les premiers temps, à des avantages significatifs. Le Centre d’études
prospectives et d’informations internationales (Cepii), en a fait une étude précise. Selon ce
centre, les principaux pays bénéficiaires, les pays du Nord de l’Europe et de l’Asie, ne
verraient leurs exportations augmenter, pour le Japon, la Chine, la Norvège ou l’Allemagne,
que de 0,04% à 1,11%. L’ensemble du commerce mondial ne progresserait que de 0,04% à
0,32%. En admettant que les problèmes, et les coûts, liés à ce type de navigation, ne soient
plus des obstacles, comme c’est le cas actuellement. Il reste néanmoins que plusieurs pays de
la zone considèrent que cette ouverture des passages est prometteuse pour leur économie. La
Russie, notamment, a déjà affecté d’importants financements au développement de ces routes
commerciales.
. Reprise officielle de la chasse à la baleine du Japon. Le Japon a annoncé son retrait de la Commission Baleinière Internationale, une décision notifiée à la fin de l’année, et qui sera
effective en juin prochain. Il reprendra donc la chasse (ce qu’il faisait jusqu’à présent, sous
couvert de « pêches scientifiques ») en juillet, comme la Norvège et l’Islande. Lors de la
dernière réunion de la CBI, en septembre au Brésil, ce pays avait tenté de faire passer un
texte autorisant la mise en place de quotas pour des espèces de cétacés estimés en nombre
suffisant. Il avait largement été battu, par 41 voix contre, et 27 favorables. Tokyo continue de
financer largement ce type de chasse, considérant qu’elle appartient aux traditions japonaises
et qu’elle fait vivre une industrie. Même si cet appui n’est pas toujours à l’abri des
détournements : un scandale avait éclaté en 2012 quand il avait été su que des fonds destinés à
la reconstruction des zones affectées par la catastrophe nucléaire de 2011 avaient servi à
financer la campagne baleinière 2011-2012.
. La peau des éléphants, après les défenses. Les éléphants ne subissent pas seulement la
pression des braconniers pour un marché illégal de l’ivoire. Un nouveau marché s’est ouvert
depuis quelque temps, concernant leur peau. Plusieurs pays de l’Asie du sud-est sont
demandeurs, et au premier chef, actuellement, la Birmanie, sans oublier la Chine. Elle a deux
usages. Pilée, elle est utilisée pour la confection de remèdes traditionnels de pharmacopée. En
l’état, elle sert à fabriquer des bracelets ou des perles à chapelets boudhistes. De nombreux
sites internet mettent ces articles en vente. Les éléphants les plus touchés sont ceux de la zone,
c’est-à-dire les éléphants d’Asie, dont les populations sont depuis longtemps dans un état
franchement préoccupant. Et avec une pression accrue par rapport aux éléphants d’Afrique,
car cette exploitation pour la peau ne concerne pas que les mâles, mais aussi les femelles, et
même les éléphanteaux. La Chine porte une responsabilité particulière, puisque des
compagnies pharmaceutiques sont autorisées à faire de la publicité pour des médicaments
contenant de la poudre de peau d’éléphant.

Manifestations

. Coléoptères, insectes extraordinaires. Musée des Confluences, Lyon, du 21 décembre
2019 au 28 juin 2020.

Médias

. « Les plantes, ces êtres intelligents », de Claude Joseph. Editions Idéo.
. « La belle aventure de l’océan » de Pierre Royer, Jean-Baptiste de Panafieu. Editions
Dunod.
. « Le Loup. Une histoire culturelle » de Michel Pastoureau. Editions du Seuil.

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