MARDI de l’ENVIRONNEMENT,  8 novembre 2011.


 

Pour une écologie de la mesure


 

Il ne suffit pas de le savoir, il est quand même plus utile d’en avoir des témoignages vivants … Les nouvelles directions qui sont imprimées de tous côtés pour gérer la planète et mieux la respecter concernent quantité de domaines, et le Mardi de l’Environnement du 8 novembre a permis d’en illustrer quelques-uns.

Prenons l’exemple de la nourriture, hautement emblématique, puisque les problèmes liés à l’agriculture traditionnelle sont à juste titre considérés comme parmi les plus importants. Il existe d’autres façons de produire la nourriture, et de la consommer. Et à ce titre, la présence de Julien Lévy, qui représentait Arnaud Daguin, chef du restaurant Ephémère, à Paris, était bien justifiée. Julien Lévy a expliqué les « codes » qui président à l’offre de nourriture dans son restaurant. Il s’agit de retrouver les goûts naturels, sans évidemment adjonction de produits de transformation ; de gérer en direct les fournisseurs ; de se fournir autant que possible dans une région connue pour la bonne qualité de ses produits (en l’occurrence, pour ce restaurant, le Pays basque) ; donc de ne pas avoir de filières (et de produits) dans les pays lointains. « Nous refusons la règle habituelle qui veut que ce soit le producteur qui impose ses produits au restaurateur » a souligné Julien Lévy.

En l’écoutant, Thierry Jacquet manifestait pleinement son approbation. Il anime, lui, Phytorestore, une entreprise de dépollution de sites. Son « cheval de bataille », ce sont les jardins filtrants : la remise en état naturel d’espaces pollués. Le poste principal est, après une étude soigneuse de l’état du sol, la plantation d’espèces végétales qui vont agir, justement, pour filtrer tous les éléments nocifs qui s’étaient accumulés dans la terre. « Nous dépolluons un site généralement en deux ans » a précisé Thierry Jacquet. Phytorestore traite également les eaux polluées, et l’air (tunnels autoroutiers, etc.), aussi bien.

Au téléphone, juste après, Lydia Bourguignon a poursuivi dans ce sens, avec toute sa compétence d’expert. Directrice avec son mari Claude du laboratoire LAMS 21, elle s’est longuement étendue sur la nécessité de faire un diagnostic de la terre et de ses possibilités pour conseiller les agriculteurs. Et ceci, afin d’optimiser naturellement la production agricole : « il faut revitaliser le sol pour le rendre à nouveau vivant ». C’est-à-dire d’abord le débarrasser des produits phytosanitaires. Bien sûr, dans un premier temps, on assistera à une baisse des rendements, mais ils seront récupérés plus tard, lorsque la terre aura retrouvé ses pleines capacités.

Tarik Chekchak, du Comité Biomimicry Europe, a fourni en final des éclairages sur la philosophie du biomimétisme, lequel vise à imiter les processus du vivant ou bien résoudre un problème technique particulier en s’inspirant de « recettes » naturelles. Il a mis l’accent sur les services écosystémiques rendus par la nature, dont on parle tant actuellement.

 

Puis ce fut la remise des prix du festival de courts métrages Les Frontières du Court, organisé par la S.E.R.E. à Marseille, les 4 et 5 novembre, soit peu de temps avant ce Mardi. Pascale Joannot, la présidente de ce festival, a accueilli les lauréats, et les a félicités pour l’excellence de leur travail. Chacun d’entre eux a en effet réalisé un documentaire qui va bien dans le sens de cette nouvelle écologie.