LOGO FESTIVAL LES FRONTIERES DU COURT 2011

 

 

Le grand cru des « Frontières du Court 2011»


Beaucoup de productions remarquables, pour la 6ème édition du festival de courts métrages « Les Frontières du Court », à Marseille, les 4 et 5 novembre 2011, organisé par la S.E.R.E.


le public des frontieres du court

Patricia Ricard, Marie-Pierre Cabello, Alain Zecchini

 

Tant par les sujets que par les réalisations : les 26 films sélectionnés faisaient le tour du monde, de l’Afrique du sud au Venezuela, en passant par Cuba, l’Arc alpin, Madagascar ou le Niger … et ils présentaient des thèmes très variés, autour de l’écologie, qu’il s’agisse de la vie du sol, de l’économie alternative, des dauphins ambassadeurs, des récifs artificiels ou des forêts tropicales.

15 heures de programmes au total, à la médiathèque marseillaise L’Alcazar, où se tenait en parallèle le festival Science Frontières, dont les Frontières du Court sont partenaires.

 

Avec deux périodes dans la journée, en matinée (de 11h à 15h) et en soirée (de 20h à 24h), pour la majorité des films, les autres étant diffusés sur Terre TV.

participants Festival Les Frontières du court

Sur le plateau de ScienceFrontières, au premier rang, Marie-Pierre Cabello (veste et chemisier noirs) et Pascale Joannot (chemise bleu ciel)

 

Le public était invité à voter pour les meilleures productions sur terre TV, et le choix fut difficile … Mais le palmarès (voir plus bas) reflète bien l’orientation universaliste des Frontières du Court, et l’importance des relations homme-nature, une thématique primordiale de nos jours.

Les Frontières du Court étaient placées sous la présidence de Pascale Joannot, Chef du chantier de rénovation des collections du Muséum national d’Histoire naturelle, également Déléguée à l’outre-mer et Expert corail du Muséum. Ce fut une présidence active, et passionnée : et l’on pourrait souligner que cette scientifique, dont l’environnement professionnel n’est pas celui du média du film, a su trouver d’emblée le ton juste et l’aisance pour animer la manifestation, conquise par le rôle qui lui était proposé.

Dans l’après-midi du 4 novembre, de 15h à 17h, s’est également tenu l’atelier organisé par la S.E.R.E. , titré « Le documentaire d’environnement, quelles perspectives ? ». Il a réuni, sous la direction de Pascale Joannot, cinq réalisateurs et producteurs chevronnés, qui ont fait le point sur l’actualité et les problématiques de leur secteur. Et là aussi, beaucoup de témoignages et de propositions ont permis de bons éclairages sur une profession qui doit avancer dans un contexte qui n’est pas toujours facile. Ouvert à tous, cet atelier a offert au public l’occasion de rencontrer des professionnels, et de mieux comprendre leur travail, c’est-à-dire celui du monde de la production et de la réalisation du documentaire d’environnement.

 

L’atelier Producteurs et Réalisateurs

Le documentaire d’environnement, quelles perspectives ?

 

ATELIER DES REALISATEURS ET PRODUCTEURS
Les professionnels réunis pour l’atelier de la SERE. De gauche à droite Catherine Pelletier, Bruno Vienne, Michel Huet, Muriel Barra et Dominique Martin Ferrari

 

 

 

 

 

 

 

Il a réuni, le 4 novembre, à l’auditorium de la médiathèque L’Alcazar, Catherine Pelletier, productrice ; Muriel Barra, productrice ; Dominique Martin Ferrari, réalisatrice-productrice ; Michel Huet, réalisateur-producteur ; et Bruno Vienne, réalisateur.

 

 

 

 

 

 

 

 

Chacun des participants a d’abord exposé sa trajectoire professionnelle, ce qui constituait une bonne entrée en matière pour les points de discussion qui allaient suivre.

 

 

 

 

. Dominique Martin Ferrari a pris des virages importants au cours de sa carrière, commencée il y a longtemps, lorsque le panorama du documentaire d’environnement était réservé presque uniquement au film animalier. « Il n’y avait rien sur les thématiques de Rio et du développement durable » a-t-elle rappelé. Elle a ensuite lancé plusieurs productions sur ces thématiques, puis créé la chaîne Gaïa sur la 5. A la suite d’une restructuration de France Télévisions, elle a arrêté cette chaîne en 2002 et lancé une autre sur internet, Gaïa Network.

 

. Muriel Barra travaille de concert avec son mari réalisateur Sylvain Braun. Les deux animent Lato Sensu Productions, depuis 10 ans. Ils privilégient le développement durable, décliné en trois pôles : l’économique, le social, l’environnemental. Ils considèrent qu’ils ont des messages importants à faire passer dans leurs films – bien que regrettant la réticence de certaines chaînes de télévision à diffuser des documentaires d’information écologique.

 

. Michel Huet. C’est un vieux routier. D’abord enseignant, puis réalisateur de quelque 200 émissions naturalistes tournées pour France 3 à partir de 1994. Il prépare actuellement une autre série du même type pour Canal +. Il a été choisi par le parc national de Guyane pour jouer le rôle de conseiller pour les projets de films sur le parc. Il vérifie ainsi la pertinence des motivations des équipes de tournage qui veulent travailler dans le parc, et leur fournit les contacts souhaitables …

 

. Bruno Vienne. Il a commencé lui aussi dans le cinéma animalier, puis s’est orienté progressivement vers le développement durable. Une longue carrière, déjà, avec une quarantaine de films à son actif, parmi lesquels sont très connus « Le peuple singe » et « Mon royaume pour un cheval. »

 

. Catherine Pelletier, comme Muriel Barra, forme équipe avec son mari, François-Xavier Pelletier, ethnologue de formation et réalisateur. Le couple est très pénétré du questionnement présenté par les peuples autochtones dans le monde, de leur culture, de leur survie. Ils suivent, par exemple, la communauté Moana, depuis 25 ans. Loin de ce qu’ils appellent « la pipolisation » des thèmes du documentaire, ils travaillent dans la durée, même si cela se traduit par des difficultés.

 

Ouvrant le débat, Dominique Martin Ferrari a insisté sur un événement majeur qui s’est produit dans les temps récents, une restructuration de la profession, qu’elle estime avoir découlé d’une initiative du gouvernement visant à demander aux chaînes publiques de faire appel, pour les documentaires d’environnement, à de grandes entreprises du secteur, au détriment des petites – comme la sienne, par exemple. Une initiative qui était légitimée par le souci d’affronter la concurrence internationale. « Le côté artisanal de la profession disparaît », a-t-elle estimé. Ce point de vue n’était pas tout à fait celui de Muriel Barra, qui « tient depuis huit ans », et qui considère que la profession, justement, dispose, avec de nouveaux outils comme internet, de moyens abordables à tous pour promouvoir la créativité.

La question de la diffusion est donc venue très vite dans la discussion. C’est un point-clé, puisqu’il conditionne tout projet de film. Catherine Pelletier, de son côté, a souligné que ce qui devrait changer à cet égard, ce sont les règles d’accès aux diffuseurs ; elles devraient être assouplies. Et pour Bruno Vienne, les grilles de programme des chaînes imposent trop souvent au producteur/réalisateur un format dans lequel il doit couler le film, ce qui peut réduire la créativité.

De toutes façons, il existe plusieurs possibilités pour tourner les difficultés quand elles se présentent avec des partenaires de l’hexagone. Notamment faire appel à des partenaires étrangers. C’est le cas de Lato Sensu Productions, qui se tourne aussi davantage vers les petites chaînes de télévision, car, a relevé Muriel Barra, « elles sont prêtes à prendre davantage de risques que les grandes. » Ce qu’a confirmé Catherine Pelletier, même en regrettant qu’en région, en France, ces petites chaînes ne jouissent pas de la même réputation que les grandes.

Marie-Pierre Cabello, Présidente de la S.E.R.E., qui était présente au débat, a fourni un éclairage complémentaire sur cette question de la diffusion. En relevant que de grandes institutions ou des organismes, comme l’IRD ou le ministère de l’Ecologie, ont maintenant des cellules de production de films, et peuvent donc se passer de réalisateurs extérieurs : la concurrence dans le secteur joue là aussi. Et cela prouve en tout cas que les questions d’environnement et d’écologie sont de plus en plus considérées comme importantes, d’où ce besoin de communication. Ainsi, Pascale Joannot, la présidente des Frontières du Court 2011, a précisé que l’établissement dont elle dépend, le Muséum, est engagé dans une politique active de partenariat avec des équipes pour faire réaliser les documentaires présentant ses actions. Elle touchait là un point sur lequel Dominique Martin Ferrari n’a pas manqué d’intervenir, en souhaitant que les réalisateurs/producteurs soient davantage informés des missions scientifiques ayant trait à l’environnement, afin de proposer des films sur ces missions.

On le voit, cette profession du documentaire d’environnement ne manque pas de soucis, mais elle est aussi très active, et ne demande qu’à l’être un peu plus, à condition que les règles du jeu soient un peu modifiées…

 

Palmarès :

25 documentaires engagés dans la compétition

 

REMISE DES PRIX FRONTIERES DU COURT

La remise des prix des Frontières du Court lors du Mardi de l'Environnement du 8 novembre. Pascale Joannot (Présidente LFC 2011) et Bruno Vienne (lauréat Prix Biodiversité LFC 2011)


 


Sous la Présidence de Pascale Joannot, Déléguée à l’outre-mer et chef du chantier de rénovation des collections au Muséum national d’Histoire naturelle, spécialiste des récifs coralliens,

Avec le soutien de la Ville de Marseille et de L’Ademe,

En partenariat avec Science Frontières et Terre TV,

 

Une manifestation de la Société Européenne des Réalisateurs de l’Environnement (S.E.R.E.), dans le cadre du 27è Festival Science Frontières à la Médiathèque de l’Alcazar de  Marseille, les 4 et 5 Novembre 2011

 

Les documentaires plébiscités par le public de l’Alcazar ainsi que sur Terre TV, sont :


 

  • Le Grand Prix – Prix Philips lighting du 27éme Festival Science Frontières,

« Un petit message » de François Serre et Ninh  Nguyet Dao,


  • Le Prix de l’Outre–Mer, offert par La Maison de La Nouvelle-Calédonie à Paris,

« Le Dico s’est planté » de Samuel Ruffier – Bertrand,


  • Le Prix Recherche et Développement, offert par l’IRD,

«  La Guerre du sable » de Pierre Meynadier,


  • Le Prix Biodiversité, offert par Patagonia,

«  Dauphins Ambassadeurs, les messagers de la mer » de Jeanne Mascolo et Bruno Vienne,

 

  • Le Prix spécial du Jury, offert par la SERE,

« Guyane, sous les alizés des maisons de bois » de Dominique Martin Ferrari,

 

  • Le Prix Action, offert par Patagonia,

« Sagda Wokre, les éboueurs de Ouagadougou » de Claire Pozé sous la direction de Bernard Tallet Paris 1 et Bernard Surugue IRD,

 

  • Le Prix Solidarité, offert par la SERE,

«  Trueke, à la rencontre des clubs de troc du Venezuela » de Anne-Cécile Ragot et Matthieu Vachez.


Trois interviews sont disponibles : Pascale Joannot, Bruno Vienne, Jean-Yves Collet.

Vous pouvez voir ou revoir et faire découvrir à vos amis et relations :

Tous les docs «  Les Frontières du Court 2011  » sur TERRE TV  jusqu’au 15 janvier 2012.

Pour partager cette information