lundi 7 janvier 2019 sur France Télévion 3

Soirée continue avec  2 documentaires inédits

« L’ODYSSÉE DES FORÇATS DE LA MER« 

suivi immédiatement de

« HOMMES DES TEMPÊTES« 


21H00  : L’ODYSSÉE DES FORÇATS DE LA MER  – 90′

  • Un documentaire écrit et réalisé par Frédéric Brunnquell
  • Produit par Morgane Production
  • Avec la participation de France télévisions
  • Avec le soutien de la Procirep – Angoa et du CNC
  • Unité documentaires : Emmanuel Migeot, Clémence Coppey et Danièle Bénichou

L’Odyssée des forçats de la mer revient sur une aventure maritime et industrielle hors du commun.
Dans des conditions terribles, face aux pires tempêtes de l’Atlantique nord, ces marins vont écrire la légende des Terre-Neuvas. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de Fécamp, Saint-Malo, la Rochelle, Bordeaux, des flottilles de chalutiers de haute mer sont partis pêcher le cabillaud de l’autre côté de l’Atlantique. Ce poisson, appelé l’or blanc de Terre-Neuve, va nourrir la France d’après-guerre.
Une histoire restée méconnue, racontée ici à travers les témoignages de ces marins et des archives inédites exceptionnelles qu’ils ont eux-mêmes tournés dans les pires instants de tempête ou de blizzard. Ils étaient des mercenaires des mers, des racleurs d’océan qui passaient plus de 250 jours par an au milieu des flots.
Pendant leurs longues absences, leurs femmes vivaient une demi-vie, comme s’il était de leur devoir d’endosser une part de la souffrance des hommes. Une fois mères, elles voyaient leurs jeunes fils embarquer à 14 ans pour une vie de labeur dans le froid et le danger des mers les plus difficiles du globe. Aucun de ces mousses, interrogés dans le film, n’a oublié le fouet hurlant de ces tempêtes, avec leurs embruns en lames de rasoir et leurs vagues meurtrières.

Mais qui étaient ces hommes partis pêcher le cabillaud avec la frénésie des chercheurs d’or ?


22h30 : Hommes des tempêtes – 52′ 

  • Un documentaire écrit et réalisé par Frédéric Brunnquell
  • Produit par Morgane production
  • Avec la participation de France Télévisions
  • Avec le soutien du CNC
  • Unité documentaires : Emmanuel Migeot et Danièle Bénichou

Partager en plein hiver, pendant deux mois et sans escale, le quotidien d’un équipage de marins de la grande pêche est une expérience unique.
Au cœur des plus grosses tempêtes de l’hiver 2017, Frédéric Brunnquell dépeint une campagne de pêche en Atlantique nord. A bord du Joseph Roty II, le plus grand et le plus ancien chalutier-usine français, il partage la vie des 55 marins à bord.
Au large de l’Irlande, sous les coups de boutoirs du vent et de la mer, ils naviguent dans la gueule d’un monstre climatique : la tempête Fionn. Les vents soufflent à 140 km/h, les vagues dépassent les 15 mètres. Les marins cloitrés dans leur minuscule cabine résistent comme ils le peuvent. Seule leur confiance dans le bateau et le capitaine repousse leur peur.

Ils sont partis traquer la fortune, rechercher le merlan bleu pour le transformer à bord de leur navire devenu usine. Dans cet océan infini leur quotidien ne ressemble en rien à celui de leurs proches restés à terre. Leur vie à bord, sans aucun jour de repos, est réglée par les coups de chalut. Sans la promesse du profit, ils n’auraient jamais quitté leurs familles. Ils sont devenus les derniers forçats de la mer.


 

Note d’intention de Frédéric Brunnquell 

Ces hommes sont d’une autre tribu. Cette phrase n’est pas une facilité d’écriture, vide de sens, elle est une vérité. Les marins pêcheurs sont des gens à part.

Depuis les quais des ports de pêches du littoral français, d’où nous les observons, à la faveur de promenades estivales, nous avons composé une image incomplète d’eux. Nous avons perçu la dureté de leur travail qui ne connait pas d’horaires. La confrontation aux éléments quand nous les voyons quitter le port les jours de mauvais temps. Leur vie confinée dans les quelques mètres inconfortables d’un navire de pêche au pont glissant d’écailles de poissons et aux cales saturées d’odeurs fortes.

Quand ils reviennent de leur marée, ils débarquent sur les quais les cheveux en bataille, habillés de leurs guenilles de mer. Alors, avouons-le, nous qui les suivons d’un regard lointain, trouvons parfois qu’ils ressemblent à des évadés d’un bagne subi et non choisi qui, après la marée, marchent crânement jusqu’au bistrot avant de rentrer chez eux.

Mais les marins ne se résument pas à ce cliché d’hommes rustiques. Les marins sont d’autres gens. Ils sont des mercenaires des mers, des écorcheurs de morue, des dépeceurs de thon, des racleurs d’océan. Quand ils embarquent pour deux jours, trois semaines ou trois mois, ils partent aussi pour la légende.

« Quand on a vu derrière soi son armateur, tout son bureau, le capitaine du port, la Douane, quand on a vu sa propre famille et toutes les familles des marins de sa ville, et les fournisseurs de marine et tous les estivants des plages du voisinage, et les bonnes amies, venir vous accompagner sur les quais et jusque sur les môles, comme une houle en marche et soulevée de murmures, on a su brusquement, et pour toujours, ce qu’on vaut. » Écrivait Anita Conti océanographe et anthropologue.
Convaincu de l’importance des films d’histoire sociale, j’ai souhaité avec ces deux films découvrir ces hommes mais aussi partager avec eux l’isolement du grand large et leur rendre hommage.

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