Revue-Actualite-SERERevue d’Actualité – mars 2016

Evénements

  • L’après-COP 21 une longue route. La ratification de l’accord de Paris ne semble pas devoir être acquise facilement. En tout cas au niveau européen. Ce traité est de nature mixte pour l’Europe, c’est-à-dire qu’il doit à la fois être ratifié par l’Union européenne et par chacun de ses 28 membres. Avec une majorité qualifiée au sein du Conseil. Tout ce processus ne devrait pas être achevé avant fin 2017/début 2018. Et l’application même du texte dans les pays européens n’interviendrait pas avant 2020. Une session de travail des 195 Etats concernés aura lieu à Bonn (Allemagne), du 16 au 26 mai. En rappel, la 22ème conférence des parties sur le climat se déroulera à Marrakech (Maroc), du 7 au 18 novembre 2016. Par ailleurs, les quatre principaux acteurs de cet accord ont été  remplacés ou sont sur le point de l’être. Laurent Fabius, ex-ministre des Affaires étrangères, est devenu président du Conseil constitutionnel ; ChristianaFigueres, directrice de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, ne sollicitera pas un renouvellement de son mandat (lequel expire en juillet prochain) ; le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, ne pourra briguer un troisième mandat début 2017 ; et la négociatrice en chef de la France lors de cette COP, Laurence Tubiana, souhaite changer de poste.
  • Cacophonie française sur le principe du préjudice écologique. En janvier, le Sénat avait voté, dans le cadre de l’examen de la loi sur la biodiversité, un article selon lequel « toute personne qui cause un dommage grave et durable à l’environnement est tenue de le réparer. ». Or avant l’examen par l’Assemblée nationale, le gouvernement a introduit un amendement stipulant « N’est pas réparable, sur le fondement du présent titre, le préjudice résultant d’une atteinte autorisée par les lois, règlements et engagements internationaux de la France ou par un titre délivré pour leur application. » Ce qui aurait revenu à exonérer de toute responsabilité l’auteur d’une pollution ayant bénéficié d’une autorisation administrative, et à renvoyer sur l’Etat la responsabilité. Devant plusieurs réactions fortes venant de plusieurs horizons, et notamment des deux représentantes d’Europe Ecologie-les Verts au gouvernement, le gouvernement a fait marche arrière, et retiré cet amendement.
  • Programme pharaonique de centrales à charbon de la Chine. La Chine avait prévu d’ouvrir 210 centrales à charbon en 2015, et son effort en ce domaine ne devrait pas faiblir pour les années suivantes. Nonobstant le fait que le charbon est la ressource la plus polluante responsable du dérèglement climatique. Elle représente 21% des émissions de gaz à effet de serre, contre 6% pour le gaz et le pétrole ensemble, et 14% pour les transports.
  • Les Etats-Unis veulent exporter leur surplus de gaz de schiste. La surproduction de gaz de schiste américaine fait l’objet d’un programme d’exportation de grande ampleur, qui devrait concerner notamment l’Europe. Il est facilité par la chute des prix du gaz naturel liquéfié (GNL). Et certainement par l’avis de l’Agence internationale de l’énergie, qui considère que cette énergie est la plus valable pour une transition énergétique vers une économie moins carbonée.
  • En France, une conversion discutée de la centrale de Gardanne. Dans les Bouches-du-Rhône, cette centrale thermique à charbon vient de se reconvertir au bois. Le problème est l’importance des volumes nécessaires – 855 000 tonnes de bois tous les ans. Au démarrage, 55% doivent être importés. Est prévue progressivement une montée en puissance de l’utilisation des résidus de bois, mais aussi de l’utilisation du couvert forestier. Et c’est sur ce dernier point que des oppositions se font maintenant entendre avec vigueur, les craintes s’expriment que les massifs boisés de la région PACA ne soient surexploités.
  •  Augmentation de la consommation de pesticides en France… Les produits phytosanitaires ont vu leur utilisation augmenter de 9,3% entre 2013 et 2014. Les ventes elles-mêmes ont progressé de 16%. Des chiffres qui ne prennent pas en compte les produits néonicotinoïdes. Au total, ce sont 60 000 tonnes de pesticides qui ont été vendus en 2014.
  • … Et aux Etats-Unis, des coûts extrêmement importants pour la société. Et cela devrait être valable pour tous les pays utilisateurs de ces produits. Dans les années 1990, il était estimé que les bénéfices, pour l’économie américaine, des pesticides, était de 27 milliards$ ; mais les coûts pour la société, de 40 milliards$. Ces derniers sont représentés par les coûts environnementaux (détérioration des services écosystémiques) ; les coûts sanitaires (maladies, etc.) ; les coûts réglementaires (contrôles et assainissement) ; les coûts d’évitement (excédents de dépenses des ménages, qui choisissent l’alimentation biologique pour éviter les pesticides).
  • Notre-Dame-des-Landes, un référendum en juin. Ce référendum concernera les habitants de Loire-Atlantique, et non d’ une collectivité territoriale plus large, comme cela avait pu être étudié.
  • Projets également pharaoniques en Egypte. Le nouveau président de la République égyptienne a un programme industriel extrêmement important, qui pourrait remodeler largement le pays. La construction d’une nouvelle capitale, à l’est du Caire, aussi étendue que l’équivalent de 12 espaces urbains comme Manhattan, aux Etats-Unis. D’une immense zone économique du canal de Suez, autour de la ville éponyme. La création d’une non moins immense zone de cultures dans le désert, non loin du barrage d’Assouan (cette zone, dénommée Toshka, serait reliée par des canaux géants au lac du barrage d’Assouan). Tout ceci, sur fond du problème majeur de la répartition entre les pays riverains des eaux du Nil.
  • Les sardines de Méditerranée rétrécissent de taille. La biomasse des anchois et des sardines a été divisée par trois en dix ans, selon une étude conduite par différentes institutions de recherche, dont l’Ifremer. Elle est passée de 200 000 tonnes à moins de 67 000 tonnes. La taille des sardines est passée de quinze à onze centimètres. En cause, la baisse de la qualité de la nourriture de ces poissons, le plancton. Laquelle baisse est imputable au dérèglement climatique, qui modifie la température de l’eau, et à la pollution du Rhône.

 

Médias

  • « Extractivisme. Exploitation industrielle de la nature : logiques, conséquences, résistances » par Anna Bednki. Editions Le Passager clandestin.
  • « Claudine André – sauver les bonobos » de Nathalie Tordjman et Christian Epanya. Editions A dos d’âne.
  • « Le renard » de Jean-Steve Méia. Editions Delachaux et Niestlé.

 

 

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