Revue d’Actualité – octobre 2016 – Alain Zecchini

Evénements

. Ouverture de la CoP 22. A Marrakech (Maroc), le 7 novembre. Parmi les points essentiels qui seront en discussion, bien sûr, l’objectif de réduire l’augmentation des températures à 2°C. Encore une fois, il semble bien irréaliste, en raison de la tendance actuelle. Les Etats devront certainement se livrer à nouveau à des déclarations de principe pour maintenir cet objectif. Un autre point semble, lui, davantage bien engagé, après des années d’atermoiements : le financement promis par les pays industrialisés aux pays en développement, pour les aider à faire face au réchauffement. Ce financement, estimé à 100 milliards$, pourrait déjà atteindre 67 milliards$ en 2020, selon les dernières estimations. Encore s’agit-il de fonds publics. On s’attend maintenant à une mobilisation parallèle de fonds privés, qui pourraient représenter plusieurs milliards$. Toutefois en ce qui concerne cette aide globale, le plus important sans doute est la fraction qui sera dévolue à l’adaptation au changement climatique, et sur ce poste, les promesses restent en-deçà de ce qui est nécessaire.

. Le changement climatique fait brûler les forêts aux USA. Durant les trente dernières années, la hausse des températures due au réchauffement de la planète a multiplié par deux les surfaces brûlées aux Etats-Unis, selon une étude parue dans la revue PNAS. Soit 40 000 km2. Les causes directes sont donc  la prévalence accrue de la sécheresse et l’allongement de la saison sèche (passée de 19 jours à 28 jours). Mais aussi la multiplication des insectes xylophages à des niveaux plus hauts de la forêt, avec une mortalité plus importante des arbres, dont le bois sec nourrit les incendies.

. La fin programmée des gaz HFC. Un accord « historique » est intervenu le 15 octobre lors du 28ème sommet des parties au protocole de Montréal : la suppression progressive des hydrofluorocarbures (HFC), un gaz dont l’effet de serre est 14 000 fois plus important que celui du CO2. Les Etats devront réduire leurs niveaux de ce gaz de 85% d’ici à 2047.

. CITES 2016, toujours un bilan contrasté. La 17ème conférence des parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) s’est tenue à Johannesburg (Afrique du sud), du 24 septembre au 5 octobre.

Parmi les reculs :

– le rejet du transfert de l’annexe II à l’annexe I (commerce international interdit) de toutes les populations d’éléphant d’Afrique ;

– le déclassement de l’annexe I à l’annexe II de la population de bison des bois du Canada ;

– l’abandon de la proposition de transférer le lion de l’annexe II à l’annexe I ;

– le déclassement de l’annexe I à l’annexe II du puma de Floride et du puma de l’est ;

– le déclassement de l’annexe I à l’annexe II de la grenouille tomate ;

– le déclassement de l’annexe I à l’annexe II du zèbre des montagnes du Cap.

Parmi les avancées :

– le refus de modifier l’annotation à l’annexe II des rhinocéros blancs du Zwaziland pour autoriser ce pays au commerce de la corne ;

– le transfert à l’annexe II de quatre espèces de pangolins d’Afrique ;

– le rejet de la modification de l’annotation à l’annexe II des éléphants d’Afrique de Namibie et du Zwaziland pour autoriser ces pays au commerce de l’ivoire ;

– le transfert de l’annexe II à l’annexe I du perroquet gris ;

– l’inscription à l’annexe II des tortues à carapace molle ;

– l’inscription à l’annexe II du requin soyeux, du requin renard et de la raie Mobula ;

– le transfert de l’annexe II à l’annexe I du cactus ;

– l’inscription de tout le genre du palissandre, bois de rose, en annexe II.

. Pas de nouveau sanctuaire pour les baleines… A la 66ème réunion de la Commission baleinière internationale (CBI), à Portoroz (Slovénie), du 24 au 28 octobre, un projet de création d’une zone protégée pour les baleines dans l’Atlantique a échoué. 38 voix pour, 24 contre, 3 abstentions, les ¾ des votes étaient nécessaires pour l’adoption. Les trois pays chasseurs de baleines, l’Islande, la Norvège et le Japon, ont été notamment épaulés par la Russie…et aussi par le Maroc, pourtant pays-hôte de la CoP22. Trois importantes résolutions ont néanmoins été votées, et ce dans le sens d’un progrès :

– la reconnaissance du rôle des cétacés dans le fonctionnement des écosystèmes ;

– le commissionnement d’un rapport au comité scientifique, à rendre à la prochaine CBI, sur la teneur en métaux lourds des cétacés et la localisation des régions du monde où la viande des cétacés est consommée.

– le renforcement du contrôle de la CBI sur les chasses à la baleine « scientifiques » sous lesquelles le Japon prétend déguiser ses chasses commerciales.

. … mais une nouvelle zone protégée dans l’océan antarctique.Fin octobre, la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) (regroupant 24 Etats et l’Union européenne)a décidé de la création d’une zone marine protégée dans la mer de Ross, qui borde le continent antarctique au sud. Cette zone comprend 1,57 million de km2. Tout prélèvement, et particulièrement la pêche, sera interdit sur 1,12 million de km2. Ce succès pour la conservation est toutefois tempéré par le fait que la durée de cette aire marine protégée a été fixée à 35 ans. De même, deux autres projets d’établir des zones semblables dans la même zone, l’une à l’est du continent (projet France-Australie), l’autre au nord, dans la mer de Weddel (Allemagne-USA) ont été repoussés. Mais ils devraient revenir en discussion lors des réunions ultérieures de la Commission.

. Une hécatombe des vertébrés ? Le WWF-international a donné des chiffres alarmants, fin octobre, sur l’état des populations de vertébrés dans le monde. Sur 14 152 populations de 3 706 espèces, la régression est de 58% entre 1970 et 2012. Les milieux d’eau douce sont les plus touchés (baisse de 81%), devant les milieux terrestres (38%) et les milieux marins (36%). L’association estime que si la situation se perpétue, toutes ces populations pourraient avoir diminué des deux-tiers, soit 67%, d’ici à 2020. Les causes de ces baisses sont bien connues : réduction des habitats, surexploitation, pollutions, réchauffement climatique essentiellement, et dues à l’homme. Ce constat aurait toutefois gagné à indiquer ses limites : car au total il existe environ 50 000 espèces de vertébrés, et plusieurs centaines de milliers de populations. Mais à n’en pas douter, leur sort doit certainement, pour la plupart, suivre celui qui a été étudié dans ce rapport.

. Les insectes envahissent le monde. Une étude conjointe CNRS-IRD a chiffré à 69 milliards€ au minimum le coût des ravages exercés par les insectes invasifs sur l’économie mondiale. Minimum, parce qu’elle s’est focalisée sur les coûts induits par les 10 espèces d’insectes considérées comme les plus nuisibles. Au total, la facture pourrait se monter à 270 milliards€. Parmi ces prédateurs, la termite de Formose, la teigne des choux, le longicorne brun de l’épinette, le ver du cotonnier, la noctuelle de la tomate, la chrysomèle des racines du maïs.

Manifestations

 . 20ème festival photo de Montier-en-Der. Du 17 au 20 novembre 2016 dans la ville du même nom, en Haute-Marne. www.photo-montier.org

. 13ème réunion des Parties à la Convention sur la diversité biologique. Du 4 au 17 décembre 2016, à Cancun (Mexique).

. « Espèces d’ours ! », exposition du Muséum national d’Histoire naturelle.Paris, 12 octobre 2016- 19 juin 2017.

 

Médias

 . « Les vaches ont une histoire – Naissance des races bovines » de Bernard Denis et Emile Baudement. Editions Delachaux et Niestlé.

 

 

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