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Mardi de l’Environnement – 18 septembre 2012

 

Le changement climatique : se préparer à l’inévitable

 

 

Il était loin d’être inutile de rappeler, en ouverture de ce Mardi de l’Environnement, quelques données importantes concernant ce phénomène essentiel, dont les impacts sur le monde physique et humain se font de plus en plus sentir : le changement climatique. Ce à quoi s’est employé Jean-Luc Guitton, adjoint du sous-directeur de la forêt et du bois à la direction générale des politiques agricoles, ministère de l’Agriculture. Concernant le monde physique tout particulièrement, les augmentations de température prévues de 2°C à 4°C d’ici 2 100 devraient s’accompagner de changements significatifs dans l’environnement. Et ces changements sont repérés depuis un certain temps : par exemple, le taux de CO2 forestier a augmenté de 40% par rapport à celui des années 1950. Le plan national d’action au changement climatique en France doit accompagner cette évolution, et l’on sait déjà qu’à cette date de 2 100, toute la moitié sud du pays devrait désormais être sous un climat de type méditerranéen. Marc Mossalgue, responsable information du Réseau Action Climat, a mis l’accent sur les modifications constatées au niveau mondial : les six premiers mois de 2012 ont été marqués par de fortes dichotomies de températures, et la fonte bien plus rapide que prévue du Groenland et de l’Arctique devient franchement préoccupante.

Revenant à la situation française, le délégué national aux risques naturels de l’Office National des forêts, Bertrand Lefebvre, a souligné que le changement climatique s’accompagne aussi de sécheresses en zones de montagne, et que la hausse des températures représente, bien sûr, un risque accru et majeur pour des écosystèmes comme la forêt méditerranéenne. Un tiers de celle-ci est concernée par ce risque, qui devrait croître de 30% à l’horizon 2040. Et pour Emmanuelle Latouche, directrice adjointe du pôle climat du CERDD, la sécheresse grandissante et l’élévation du niveau des mers accroissent les vulnérabilités des régions côtières, comme celle du Nord-Pas-de-Calais, dont elle s’occupe. A ce niveau régional, un Pôle climat Nord-Pas-de-Calais a donc été créé, avec un Observatoire climat énergie, afin de mobiliser les acteurs institutionnels de même que les associations : prévoir les changements, s’y préparer, « et passer des bonnes pratiques aux actions structurantes, maintenant, voilà qui devrait permettre de mieux anticiper l’avenir. » Une bonne illustration des inflexions à apporter dans les activités humaines a été fournie en final par Fabien Pommier, chargé de mission agriculture et changement climatique du Réseau Action Climat : revenir à des pratiques plus saines dans la production agricole, c’est respecter les cycles de la nature, donc ne pas la forcer, comme l’on fait depuis bien trop longtemps.

Et en toute dernière intervention, depuis la salle, Ludmilla Miki a parlé du film de Houmi Ahamed Miki, consacré au programme d’adaptation aux changements climatiques des Comores, des îles où il faudra beaucoup d’efforts pour contrer les effets  de la déforestation galopante et de la mauvaise gestion des ressources naturelles.

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