MARDI de l’ENVIRONNEMENT,  3 janvier 2012.


Centenaire de la LPO

 

Un anniversaire qui donne des ailes ?


Naturellement, la célébration du centenaire d’une « institution » aussi ancienne que la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) pourrait donner lieu à une auto-congratulation, phénomène bien connu, et réduire, du même coup, un peu, le capital de sympathie que cette organisation possède largement. Mais il semble bien que ses animateurs soient à l’abri de ce travers. En tout cas, lors du Mardi de la nouvelle année, qui avait justement pour thème les 100 ans de la LPO, ils ont chacun fait preuve de la clarté nécessaire – qui n’exclut pas une certaine passion, garante, sans doute, du dynamisme qui a permis cette longévité.

 

A la tribune, donc, le président, Allain Bougrain Dubourg, avec Philippe de Grissac, vice-président, et Antoine Cadi, coordinateur du centenaire.

 

En prologue, pour rappeler toute l’importance des dossiers de terrain, Damien Fouillot, de la Société d’études ornithologiques de La Réunion, a décrit le programme Life + CAP DOM, qui intéresse des espèces d’oiseaux dans leur habitat naturel, à La Réunion, la Martinique, et la Guyane. C’est un programme établi pour cinq ans, 2010-2015, qui a pour objectif de faire remonter les populations de ces espèces.

 

Le 26 janvier est la date-anniversaire de ce centenaire. Antoine Cadi a exposé l’étendue des manifestations prévues en France, à Paris, notamment, et à Rochefort, où est domiciliée l’organisation. Philippe de Grissac a retracé la philosophie d’action qui caractérise la LPO, philosophie marquée par la souplesse : les associations locales membres de l’organisation se retrouvent dans un conseil national où les décisions importantes sont prises « en toute convivialité et indépendance. » Allain Bougrain Dubourg, lui, qui outre ses responsabilités de président, est en première ligne pour tous les combats menés par la LPO (contre les chasseurs, tout particulièrement), a estimé que « c’est par le partage que l’on peut protéger les espèces ». Le partage, c’est-à-dire faire que chacun puisse se sentir concerné par le sort des oiseaux, alors qu’avant, dans une époque pas si lointaine, les associations avaient plutôt tendance à travailler seules. La LPO, forte de ses succès et de son statut de première ONG française en nombre d’adhérents, envisage l’avenir avec confiance et détermination, car le travail est toujours là. Selon Allain Bougrain Dubourg, au moins dans les temps qui viennent, le dossier le plus important, dans la problématique oiseaux, est celui de la question agricole – avec l’habitat aviaire qui se réduit de plus en plus. Une affaire plus que jamais à suivre.