logo_IDDRIFace à une demande croissante d’infrastructures et d’aménagement des territoires, l’exigence de conservation de la biodiversité est mise en danger. Dans ce contexte, la compensation écologique est souvent présentée comme une solution « gagnant-gagnant », qui concilierait maintien de la biodiversité et développement. Mais n’est-ce pas plutôt un droit à détruire ? Ce séminaire, co-organisé avec le concours du projet de rechercheINVALUABLE, fait le point sur ce débat complexe et essentiel.
Fabien Quétier (Biotope)*
Compensation écologique et développement durable : droit à détruire, marchés de dupes ou outil de réconciliation ?

Discutant : Harold Levrel (AgroParisTech)**
Mardi 30 septembre 2014, de 12h30 à 14h30
À Reid Hall – 4, rue de Chevreuse – 75006 Paris
(M° Vavin)
 
La réglementation française exige que les impacts des projets d’aménagement sur les milieux naturels qui n’auraient pu être suffisamment évités ou réduits soient compensés « en nature ». Les composantes de la biodiversité visées incluent les forêts, les zones humides et les habitats de nombreuses espèces protégées. Une série de réformes initiées en 2007 a conduit à un renforcement considérable de cette exigence jusque-là souvent ignorée. C’est sur ces fondations encore jeunes que se construit le projet de loi sur la biodiversité actuellement en discussion au Parlement.
Ces évolutions s’inscrivent dans une dynamique internationale fondée sur l’objectif formulé par de nombreux États et organisations de ne plus engendrer de « perte nette de biodiversité ». C’est le cas de la Commission européenne, dont les options pour son initiative « no net loss » sont actuellement soumises à la consultation du public. C’est également le cas de certaines multinationales et de grandes institutions financières, dont l’Agence française de développement (sur la déforestation). La société civile pour sa part émet des avis contrastés : la compensation est-elle un levier d’amélioration pour la biodiversité ou un « droit à détruire » dont les aménageurs abusent ?
La réalité est plus complexe que ces positions tranchées. Que ce soit en France, ou à l’étranger, l’objectif de « no net loss » et le recours à la compensation suscite de nombreuses difficultés d’ordre technique et institutionnel, mais aussi politique et éthique. Ce séminaire sera l’occasion de les aborder.
* Fabien Quétier est consultant senior chez Biotope, cabinet français d’ingénierie et de conseil dans le domaine de la biodiversité. La société Biotope développe et met en application des solutions techniques pour éviter et réduire les impacts négatifs des activités humaines sur les écosystèmes et leur biodiversité, et compenser les impacts résiduels. Elle pilote le développement d’outils permettant de tracer l’équivalence entre ces impacts et les résultats écologiques de la compensation. L’expérience de Biotope en la matière est également mobilisée dans le cadre de projets de restauration écologique, que ce soit dans des aires protégées ou pour l’exploitation durable de ressources naturelles, en France comme à l’étranger. Fabien Quétier intervient également en conseil sur la compensation et l’investissement dans le capital naturel auprès de la Commission européenne, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
 
** Professeur à l’AgroParisTech, Harold Levrel est économiste écologique au sein de l’UMR Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired). L’étude comparée des politiques environnementales ayant pour objet la conservation de la biodiversité et la gestion des écosystèmes exploités ou protégés constitue son principal domaine de recherche. Ses travaux concernent l’évaluation monétaire et non-monétaire des services écosystémiques, l’analyse institutionnelle des mécanismes de régulation autour des mesures compensatoires et de restauration écologique, et l’étude du rôle des coûts de transactions dans les modes de coordination autour des usages de la biodiversité et des services écosystémiques.
 
Merci de bien vouloir noter que les conférences de l’Iddri sont filmées puis mises en ligne sur les sites Internet de l’Iddri et de TerreTV.
logo-Terre-TV