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Evénements

. Un nouveau ministre, en France, de la Transition écologique et solidaire. Succédant à
Nicolas Hulot, le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, a été nommé le 4
septembre. Il a pu faire prévaloir des engagements de vingt-cinq ans en faveur de
l’environnement, en ayant milité chez les Verts, puis à Europe Ecologie-Les Verts (EELV).
C’est son premier portefeuille ministériel. Il hérite de dossiers lourds et problématiques, en
particulier le nucléaire (dont il est un opposant), la fermeture des centrales à charbon,
l’application de la transition écologique. Pour le seconder comme secrétaire d’Etat, le choix a
été fait sur Emmanuelle Wargon, jusque-là directrice des affaires publiques et de la
communication du groupe Danone. Elle doit travailler avec une autre secrétaire d’Etat, Brune
Poirson, qui vient du groupe Veolia.
. Sommet sur le climat à New-York. La deuxième édition du « One Planet Summit »,
l’initiative lancée par le président français Emmanuel Macron en décembre 2017 pour
favoriser la mise en œuvre de l’accord de Paris, cette deuxième édition a réuni, le 26
septembre dernier, une trentaine de chefs d’Etat ou de gouvernement, des dirigeants de
grandes entreprises et des financiers. Plusieurs mesures d’assistance financière aux pays
émergents ont été annoncées. Le président français s’est vu décerner le titre de « champion de
la Terre » par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), à l’issue de ce
sommet.
. Les zones humides disparaissent à grande vitesse. La convention de Ramsar, qui regroupe
170 pays, a dressé un nouveau constat des zones humides dans le monde, qui n’a rien de
réjouissant. Ces zones (lacs, rivières, marécages, marais, tourbières, mangroves, récifs
coralliens) sont de plus en plus réduites par les drainages, les assèchements, les barrages, les
dérivations pour les canaliser, les proliférations d’algues et de plantes induites par les engrais
agricoles. De fait, 35% d’entre elles ont été détruites depuis 1970 dans le monde. Le taux de
destruction s’accélère depuis 2000 et atteint actuellement entre 0,85 et 1,6% par an, soit bien
plus que celui des forêts, de 0,24%. Selon l’UICN, un quart des 19 500 espèces animales
présentes dans ces espaces sont menacées d’extinction. Ce sont l’Amérique latine et les
Caraïbes qui sont les plus touchées par ce processus, avec une perte de 60% de leurs zones
humides entre 1970 et 2015, suivies par l’Afrique, avec 42%, et l’Europe, avec 35%.
. L’expansion d’un oléoduc gelée au Canada. Fin août, la cour d’appel fédérale canadienne
a ordonné le gel du développement de l’oléoduc Trans Mountain, qui prévoyait d’acheminer
le pétrole canadien de la province de l’Alberta vers celle de la Colombie britannique, et ce, à
destination de l’Asie. Or trois mois auparavant, le gouvernement fédéral, soutien du projet,
avait annoncé sa nationalisation, justement pour éviter cette décision. Un échec pour Ottawa,
donc, mais une victoire pour les défenseurs de l’environnement et les peuples autochtones
concernés, qui soulignaient les risques écologiques importants de ce projet (en mai s’était déjà
produite une fuite de 4 800 litres de pétrole de l’oléoduc), le manque de consultation et la
contradiction avec les engagements pris par Ottawa pour l’accord de Paris (l’exploitation de
pétrole des sables bitumineux est l’une des plus polluantes au monde).

. Un projet de canal « pharaonique » en Turquie. Il est directement piloté par le président
de la république turque, Recep Erdogan, qui entend faire œuvre de grand bâtisseur. Il s’agirait
de doubler le détroit du Bosphore par un canal, baptisé canal Istanbul, de 45 kilomètres de
longueur, large de 250 à 1 000 mètres, d’un coût de 10 milliards d’euros. Les travaux
pourraient commencer prochainement et s’achever en 2023. Et ceci, afin de répondre à
l’augmentation du trafic maritime mondial, et de permettre le passage des plus gros tankers de
pétrole ou de gaz. Avec un intérêt financier évident : si le Bosphore est libre de passage, le
transit par le canal serait payant. Les écologistes soulignent le désastre écologique qui
suivrait, avec la surexploitation des ressources en eau, la dégradation des terres agricoles – et
de son côté, la Chambre des urbanistes d’Istanbul met l’accent sur la congestion accrue
prévisible d’Istanbul, qui est une métropole déjà grandement affectée à cet égard.
. La faune sauvage victime du commerce. Le commerce en ligne constitue maintenant une
des plus grandes menaces pour la faune sauvage du monde, déjà largement affectée par les
autres formes de commerce. L’ONG IFAW a réalisé une étude sur ce cybercommerce, avec
un choix portant sur quatre pays, la France, l’Allemagne, la Russie et le Royaume-Uni – bien
que ce soient la Chine, les Etats-Unis et l’Union européenne qui en assurent l’essentiel, mais
aucune statistique globale pour ces trois acteurs n’est disponible. IFAW a retenu des espèces
inscrites aux annexes I et II de la CITES, dont la vente et l’achat sont soit interdits, soit
strictement réglementés. En un mois et demi ont été recensés 5 381 annonces et messages
concernant 11 772 espèces figurant dans ces annexes. 80% des offres concernaient des
animaux vivants. Avec, en tête, les reptiles (55%), suivis par les oiseaux (24%), l’ivoire
(11%), les mammifères (5%), les coraux (3%), et divers (2%). Ce trafic confirme bien
l’ampleur du commerce global. D’après l’Atlas mondial des flux financiers illicites, une
publication conjointe d’Interpol, de Rhipto et de la Global Initiative Against Transnational
Organized Crime, le crime environnemental au sens large (trafic de pétrole et de gaz,
d’espèces animales sauvages, d’espèces végétales, exploitation minières illégale) est devenu
la première ressource de financement des conflits, devant le trafic de drogue et d’êtres
humains.
. Interdiction française des néonicotinoïdes. Elle a pris effet le 1 er septembre dernier. Ces
pesticides sont connus pour être extrêmement nocifs pour les insectes, et notamment les
abeilles. La décision était attendue de longue date. Les seuls secteurs qui échappent à
l’interdiction sont ceux des figuiers, des noisetiers et des navets, pour lesquels aucune
alternative viable n’aurait été trouvée.
. Le Japon en échec à la Commission baleinière internationale. Les délégués des 75 pays
membres de cet organisme ont rejeté, le 14 septembre, une proposition du Japon de rétablir la
chasse aux grands cétacés. La Norvège et l’Islande continuent à pratiquer cette chasse
ouvertement, le Japon, lui, la déguisant sous l’appellation de « captures scientifiques » (avec
la prise de 333 cétacés l’an passé).
. Disparition de l’ara de Spix. C’était l’un des oiseaux les plus rares au monde dans la
nature. L’ara de Spix, une espèce de perroquet, a été considérée comme éteinte à l’état
sauvage, en septembre, par l’ONG Birdlife. Victime de la déforestation, et surtout du
braconnage, pour alimenter un trafic porté par une demande très importante. Il resterait de 60
à 80 individus de cette espèce en captivité dans le monde.

Manifestations

. Festival de Montier-en-Der. La 22 ème édition du Festival de la photo animalière et de la
nature aura lieu du 15 au 18 novembre, à Montier-en-der (Haute-Marne). La thématique cette
année est celle de l’eau. www.photo-montier.org.

Médias

. « La chouette hulotte », de Hugues Baudvin. Avec des photographies de Philippe Perrot.
Editions Delachaux et Niestlé.
. « Le contrat naturel », de Michel Serres. Editions Le Pommier.

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