logo_revue_actu_az-80X80Revue d’Actualité – Mardi de l’Environnement

7 octobre 2014

 

Evénements

 . Un sommet climatique peu concluant. La 19ème rencontre internationale sur le climat, qui a réuni sous l’égide de l’ONU, à New-York (Etats-Unis), 120 chefs d’Etat et de gouvernement, le 23 septembre, n’a pas produit de résultats spectaculaires. Certes, plus de 130 gouvernements, compagnies et associations ont adopté une « déclaration  de New-York sur les forêts », par laquelle ils promettent de réduire la déforestation de moitié d’ici à 2020 et à restaurer 350 millions d’hectares de forêts et de terres agricoles. Toutefois l’un des pays directement concernés, le Brésil, a refusé de signer. Une vingtaine de pays africains se sont engagés à utiliser les énergies renouvelables pour leur production d’électricité en 2030. Mais le point principal était celui du Fonds vert pour le climat. L’annonce la plus importante a été celle de la France, qui a promis 1 milliard de dollars, suivie par la Suisse et la Corée du sud, 100 millions de dollars chacune, et le Danemark, 70 millions de dollars. Cela reste malgré tout bien en-deçà de ce qui est estimé nécessaire. Une question essentielle était de savoir si la Chine allait enfin prendre des mesures pour réduire ses émissions. D’ores et déjà, elle est devenue le plus gros pollueur de la planète, avec des émissions de CO2 dépassant la somme de celles de l’Europe et des Etats-Unis. Sur ce sujet, la délégation chinoise n’a pas fourni d’objectifs de réductions, se contentant de déclarations de principe. Le Global Carbon Project, un consortium d’organismes de recherche internationaux, estime que les tendances actuelles d’augmentation des émissions de CO2 au niveau mondial devraient se poursuivrejusqu’en 2019. La prochaine réunion climatique internationale se tiendra à Lima (Pérou) du 1er au 12 décembre 2014, la dernière avant la conférence de Paris, en 2015.

                   Pour préparer cette conférence, les deux principales organisations de journalistes

d’environnement françaises, les JNE et l’AJE, ont créé le 16 septembre l’

                   Association des journalistes de l’environnement et du climat (AJEC 21).

 

 . 11 milliards de Terriens en 2100. C’est la dernière estimation des Nations unies. La plus forte croissance démographique sera celle de l’Afrique, dont la population devrait quadrupler d’ici la fin de ce siècle.

 . La loi sur la transition énergétique en France en discussion. Elle est examinée par l’Assemblée nationale depuis le 1er octobre, et ce jusqu’au 14 octobre.Quelques nouvelles modifications sont intervenues dans le texte initial récemment, pour certifier les principaux objectifs : une baisse de 75% actuellement à 50% en 2025 de la part d’électricité d’origine nucléaire ; une consommation d’énergies fossiles de 100 millions de tonnes d’équivalent pétrole (tep) passant à 70 millions en 2030 ; une consommation énergétique finale de 154 millions de tep passant à 77 millions de tep en 2050 ; une part d’énergies renouvelables de 14% haussée à 32% en 2030.L’accent est aussi mis sur la rénovation thermique du bâtiment, avec plusieurs mesures d’accompagnement. Néanmoins reste floue la question du financement de toutes ces mesures. La fiscalité écologique n’est pas véritablement abordée. Les objectifs à long terme n’ont pas de caractère contraignant.Il est toutefois estimé que cette loi devrait être votée, même à l’issue d’un renvoi en commission mixte paritaire, si le Sénat y fait obstacle.

 . Un état de la planète préoccupant. Le rapport du WWF « Planète vivante »,  rendu public en septembre, a produit trois constats, qui témoignent bien de la dégradation de l’état de la planète. De 1970 à 2010, les populations d’espèces sauvages ont été réduites de 52% ; en 2010, l’empreinte écologique (la pression exercée par les hommes sur la nature) était de 18,1 milliards d’hectares globaux, soit 50% de plus que la biocapacité de la planète (le record étant détenu par le Koweït, la France se classant au 23ème rang) ; la ponction sur les ressources en eau est représentée à 92% par la production agricole, loin devant la production industrielle (4,4%) et les usages domestiques (3,6%), et cette ponction est de toutes façons dramatiquement trop élevée.

 . Des déchets dans un parc national.L’administration du parc national des Calanques, à Marseille, a accepté, en septembre dernier,  de prolonger pour une durée de 30 ans une autorisation accordée à un industriel, Alteo, de déverser dans la Méditerranée (de facto, dans le cœur marin du parc) des déchets liquides chargés de métaux lourds, les « boues rouges », résidus de bauxite. Entre 20 et 30 millions de tonnes de ces boues ont déjà été rejetées en mer.

 . Gaz de schiste : la ministre réaffirme sa position. La ministre française de l’Environnement, Ségolène Royal, a réaffirmé son opposition à l’exploitation du gaz de schiste en France, estimant que les dégâts environnementaux qui en résulteraient seraient graves. D’autre part des associations ont pris position contre un projet de forage dans le Lubéron (une zone à cheval entre le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône couvrant 870 km2 presque entièrement située dans le parc naturel régional du Lubéron) émanant de la société suédoise TethysOil AB. Ce projet porte sur des hydrocarbures liquides ou gazeux, ce qui ne se limite pas aux pétroles et gaz conventionnels, et ce qui suscite la crainte des associations d’une exploitation d’huiles et de gaz de schiste.

 . A la Commission baleinière internationale, le Japon doit reculer. La 65ème réunion de la Commission baleinière internationale (CBI),  du 15 au 18 septembre dernier, à Portoroz (Slovénie) a été marquée par le vote d’une résolution freinant les activités du Japon pour ses chasses « scientifiques » (qui ne sont que des chasses tout court) à la baleine. Le texte reprend les arguments de la Cour de justice internationale, laquelle avait reconnu en mars de cette année le Japon coupable de pratiquer la chasse à des fins commerciales sous couvert de chasse scientifique. La CBI établit des critères plus contraignants pour ces chasses et les replace dans un objectif de conservation des grands cétacés. Les défenseurs de ces derniers n’ont toutefois pas eu gain de cause en voyant refusé par la majorité des votes un projet de création de sanctuaire dans l’Atlantique sud.

 . La guerre aux bouquetins. Dans le massif du Bargy, en France (Haute-Savoie, entre la chaîne des Aravis et le plateau des Glières), le sort des bouquetins, pourtant une espèce protégée, semble scellé. La population de ces bouquetins est présumée être infectée de la brucellose, une menace à la fois pour l’homme et le bétail, dans une région qui est le bassin de production du fromage reblochon. L’infection aurait été transmise aux bouquetins par des bovins fréquentant les mêmes pâturages, durant la dernière épizootie de brucellose, en 1999. Début octobre 2013, la moitié des caprinés avait déjà été abattue. Or début 2014, l’ONCFS a estimé que la moitié des bouquetins survivants étaient aussi atteints. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, l’Anses, et aussi bien, le Conseil national de protection de la nature, le CNPN, se sont élevés contre toute éradication, dans ce passé récent, la jugeant non justifiée. FNE, la LPO, Agir pour la biodiversité et la Frapna ont également pris parti contre une éradication. La ministre de l’Environnement a pourtant approuvé un nouvel (et définitif) abattage, pour le reste de la population, qui pourrait commencer très prochainement, si le préfet de Haute-Savoie passe outre à un nouvel avis négatif du CNPN, qui a été saisi début octobre de cette année.

 

Manifestations

 . Colloque national éolien, 7 octobre. Lille, Grand Palais

 . Sommet mondial des régions pour le climat, 10 et 11 octobre. Paris. Conseil économique, social et environnemental. Plus de 500 représentants de gouvernements et de régions attendus. Une « Déclaration de Paris » doit ponctuer cette réunion.

 . Festival du livre et de la presse d’écologie, 18 et 19 octobre. Paris, La Bellevilloise.

 

 

Médias

 . « L’Ecologisme des pauvres : une étude des conflits environnementaux dans le monde » deJoan Martinez-Alier. Editions Les Petits Matins – Institut Veblen.

 . « L’Ecologie kidnappée » de Georges Guille-Escuret. Editions Presses Universitaires de France.

 . « Safari dans la bouse » de Marc Giraud. Editions La Martinière.

 . « La Terre d’en haut, l’invention de l’environnement global » de Sebastian Vincent Grevsmühl. Editions du Seuil.

 . « Eloge des mangeurs d’hommes » de YvesPaccalet. Editions Arthaud.

 . « Zoo’m – Gros plans et petites histoires sur les animaux du zoo » de Benoît Quintard et EricIsselée. Editions Delachaux et Niestlé.

  

Le fait du mois

 Le glas pour Sainte-Rita ? L’église de rite gallican Sainte-Rita, dans le XVème arrondissement parisien, est connue pour la « messe des animaux » (avec leur bénédiction) qu’elle célèbre tous les ans au début novembre. Elle est menacée de disparition. Le propriétaire des lieux, l’Association des chapelles catholiques et apostoliques, basée en Belgique, a vendu cette église à un promoteur immobilier de la région nantaise, en novembre 2013. Les clefs devaient être rendues le 25 septembre dernier. Mais l’association Les Arches de Sainte-Rita, créée pour l’occasion, les a reçues de l’archevêque en charge de cette église, et a décidé une occupation, tout en recherchant des financements pour racheter ce lieu de culte. Le tribunal administratif de Paris doit statuer sur le cas le 18 octobre prochain, et décider ou non s’il accordera un sursis jusqu’en janvier. Sainte Rita, qui vécut au XIVème siècle en Italie, est connue comme l’avocate des causes désespérées… La prochaine messe/bénédiction des animaux est prévue le 9 novembre.

 

Les dernières infos Frontières du Court 2014 organisé par la SERE lors du festival Science Frontières:

Toutes les informations sur l’édition 2014, c’est ici